Ch. XI, II, XXXV
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artisans, des vieilles femmes. Ils ne pourront défendre leur foi par leurs paroles ; mais ils montreront par leurs œuvres tout le bien que produit la conviction qu'ils ont de sa vérité. Ils ne font pas de discours... mais de bonnes actions... Frappés, ils ne ripostent point; volés, ils n'ont pas recours aux juges; ils donnent à qui leur demande et aiment leur prochain comme eux-mêmes. » Et, ailleurs, répondant à l'absurde accusation intentée aux chrétiens d'être meurtriers et cannibales, il dit : « Les contes faits sur nous à cet égard n'ont pas d'autre fondement que des rumeurs populaires. Nul ne les a jamais contrôlées et aucun chrétien n'a été convaincu de ces crimes... Nous ne pouvons pas supporter la vue de l'exécution légitime d'un criminel... Votre passetemps favori est la lutte entre des gladiateurs et des bêtes fauves. Pour nous, considérant qu'il est aussi coupable de contempler ces carnages que de les commettre, nous avons renoncé à de pareils spectacles. »
Au siècle suivant, Origène écrit dans le même sens : « Ceux qu'on méprise comme des fous ignorants, pareils à des esclaves, ne se sont pas plutôt mis sous la direction de Dieu, en acceptant l'enseignement de Jésus, que, renonçant à leurs péchés, ils deviennent pour la plupart aussi purs de fait et en pensée que pourraient l'être des prêtres parfaits, aux yeux desquels de tels plaisirs n'ont point de charmes. Les Athéniens avaient un hiérophante ^ qui, n'ayant pas confiance dans son pouvoir de dominer ses passions, résolut d'employer la ciguë pour les étouffer. Chez les chrétiens, de pareils procédés ne sont pas nécessaires, et on trouve parmi eux des hom-
i. Prêtre enseignant les mystères de la religion.
l'église primitive 185 mes pour qui la parole de Dieu, bien mieux que la ciguë, est une source de pureté et chasse de leur pensée tous les mauvais désirs K »
D'un autre côté, Tertullien nous apprend que quelques chrétiens avaient oublié leurs vœux au point de fréquenter les spectacles. Mais, aussi, de quelle indignation n'est-il pas pénétré et avec quel feu il parle de leur indigne conduite! « Tous ces plaisirs passionnés {ftiror) nous sont interdits. Éloignons-nous donc d'eux, et surtout du cirque, où ils régnent en maîtres. Voyez le peuple s'y précipiter en tumulte, aveuglé par sa passion, déjà excité par les paris. Pour lui, le préteur est trop lent; les yeux des spectateurs roulent avec les boules de son urne ; anxieux, ils attendent le signal ; pénétrés de la même folie, ils poussent un seul et même cri. Et voyez cette folie : le sort est jeté, s'écrient-ils; et chacun annonce à son voisin ce que tous ont vu ! Mais ils sont frappés d'aveuglement et ne voient réellement pas ce qui a été décidé par le sort;.... et bientôt on les entend s'emporter en malédictions et en récriminations passionnées et sans fondement, ou applaudir à grands cris sans motifs... Ne nous est-il pas également ordonné d'éviter toute impudicité? Mais le théâtre en est le principal foyer et on y voit mis en estime ce que partout on réprouve... Que le Sénat, que toutes les classes de la société en rougissent de honte !... Et comment les choses qui souillent un homme lorsqu'elles sortent de sa bouche, ne le souilleraient-elles pas lorsqu'elles entrent en lui par ses yeux et par ses oreilles? »
Puis il passe à l'amphithéâtre. « Si la cruauté, dit-il,