De cœlo, quod aiunt, in cœnum
2. Des spectacles, xvi, xvii, xix, xxi, xxiv, xxv. — Cf. Tatien, Aux Grecs, xxiii, xxiv. Carthage, où demeurait Tertullien, était une ville où régnaient le luxe et la corruption, « la Corinthe de TOccident ». Combien de fois, en lisant ces descriptions des courses et des théâtres, ne sommes-nous pas amenés à penser à notre xix° siècle!
monde! Sans doute, tout ce qui existe est un don de Dieu, mais la vraie question est de savoir dans quel but Dieu Ta donné, et quel est l'emploi qu'il en faut faire pour réaliser le plan de Dieu. Certes la distance est large entre la pureté originelle de la nature et sa corruption, entre celui qui l'a créée et celui qui Ta pervertie... J'accorde qu'il s'agit de choses agréables, innocentes, et même parfois excellentes en soi. Mais personne ne mêle le poison avec du fiel et de l'ellébore; cet aliment tout assaisonné qu'il soit avec des condiments bien choisis et du goût le plus exquis, n'en est pas moins exécrable. » Puis il invite les chrétiens à comparer aux joies spirituelles profondes de la foi le vide des plaisirs du monde païen, et leur demande comment il peut se faire qu'ils soient assez ingrats pour n'être pas satisfaits des jouissances si nombreuses et si excellentes que Dieu leur a départies. « Qu'y a-t-il de meilleur, s'écrie-t-il , que d'être réconcilié avec le Père céleste et le Sauveur, que de jouir de la révélation de la vérité, que de confesser ses fautes, que d'en obtenir le pardon? Quel plus grand plaisir peut-il y avoir que de mépriser le plaisir luimême? Qu'y a-t-il de plus doux que la vraie liberté des enfants de Dieu, qu'une conscience pure, qu'une vie paisible, que l'affranchissement des terreurs de la mort? »
Un autre écrivain, du iii^ siècle, fait aux mêmes objections la réponse suivante. « Il vaudrait bien mieux, dit-il, ne rien savoir des Saintes Écritures que de les lire de la sorte. Car, en les lisant ainsi, on détourne au profit du vice les expressions et les exemples dont le but était de conduire les hommes au bien. » Faisant allusion aux comparaisons de saint Paul, il montre qu'elles devaient servir à enflammer le zèle des chré-
tiens dans la recherche de choses profitables, tandis que les païens mettent leur zèle à rechercher des choses de néant; et il conclut par cette sage maxime que, des^ règles générales posées dans l'Écriture, la raison doit déduire les directions nécessaires aux cas particulierspassés sous silence K
A ceux qui plaidaient l'ignorance, Clément d'Alexandrie répond : « Mais ne nous efforçons-nous pas tous d'atteindre la vie éternelle? Que dis -tu? Gomment es-tu devenu un croyant? Gomment aimes-tu Dieu et ton prochain? N'est-ce pas là la vraie philosophie? Tu dis :
Je n'ai jamais appris à lire Mais tu as entendu lire
l'Écriture et, d'ailleurs, on peut arriver à la foi sans entendre lire l'Écriture, car il y a une Écriture, appropriée aux capacités du plus ignorant, et pourtant divine, et cette Écriture, c'est la charité. Même dans les affaires de ce monde, on peut agir avec piété et suivant l'esprit-.»
On pourrait peut-être objecter que les Pères montrent peu d'indulgence pour les instincts et les besoins d'hommes moins bien doués qu'eux-mêmes. Mais ce qu'on ne saurait contester, c'est tout le vice, toute la corruption qui régnaient dans les divertissements condamnés par eux; c'est l'évidente impossibilité de combiner ces divertissements avec une vie vraiment chrétienne. Du reste, certains divertissements leur étaient permis. Glément les énumère : « Les exercices gymnastiques, dit-il, suffisent pour les garçons et sont excellents