Gai, IV, 9-11; III
l'église primitive 15 d'horreurs afflue et trouve des partisans. On saisit d'abord ceux qui avouaient leur secte; et, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien moins convaincus d'incendie que de haine du genre humain. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens ; d'autres mouraient sur des croix, ou bien ils étaient enduits de matières inflammables, et, quand le jour cessait de luire, on les brûlait en place de flambeaux. Néron prêtait ses jardins pour ce spectacle et donnait en même temps des jeux au cirque, où tantôt il se mêlait au peuple en habit de cocher, et tantôt conduisait un char. Aussi, quoique ces hommes fussent coupables et eussent mérité les dernières rigueurs, les cœurs s'ouvraient à la compassion, en pensant que ce n'était pas au bien public, mais à la cruauté d'un seul, qu'ils étaient immolés »
Le cirque de Néron touchait à ses jardins. Maintenant la cathédrale de Saint-Pierre occupe cet espace, et le fameux obélisque de granit rouge, apporté d'Héliopolis par Galigula et aujourd'hui au centre de la place, était alors à la porte du cirque.
Plusieurs écrivains païens parlent de la torture de la chemise brûlante, à laquelle les chrétiens furent soumis. Sénèque dit qu'elle était enduite et en quelque sorte tissée avec des matières combustibles ^ Juvénal, dans un passage assez obscur, d'ailleurs, parle de ces malheureux qui, attachés à un poteau, brûlent debout
1. Annales, liv. XV, ch. xliv. Tacite avait environ six ans" lorsque la persécution eut lieu. Son témoignage est contirmé par Suétone, Néro7iy xvj. — Nous avons fait usage de la trad. Burnouf.