‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 141 sur 324 · De la couro)i7ie · texte numérisé non relu

De la couro)i7ie

Il ressort du témoignage de Celse, qui, comme nous l'avons dit, écrivait au temps de Marc-Aurèle, que le nombre des soldats chrétiens était peu important à cette époque. Celse reproche en effet aux chrétiens de n'être utiles à l'État, ni comme citoyens, ni comme soldats, à ce point que si tout le monde suivait leur exemple, le souverain se trouverait isolé et le monde dominé par les barbares. Et Origène lui répond noblement, en vrai fidèle : « Voici la question : Qu'arriverait-il si tous les Romains adoptaient les principes du christianisme et renonçaient, pour adorer le Très- Haut seul, au service qu'ils rendent aux dieux et aux magistrats? Je réponds : Nous avons cette conviction que si deux ou trois d'entre nous s'accordent pour demander une chose à Dieu, le Père des Justes, qui est au ciel, Il ne la leur refusera pas ^ Et alors, que ne pourrions-nous pas en attendre, si non plus seulement quelques hommes, mais l'empire romain tout entier s'adressait à Dieu ? Ils prieraient le Verbe, qui dit autrefois aux Hébreux, poursuivis par les Égyptiens : L'Éternel combattra pour vous, et vous, vous resterez tranquilles ^. Et si tous les Romains étaient unis de la sorte, dans une prière unanime, ils renverseraient des ennemis bien plus nombreux encore que ceux qu'ont

vaincus Moïse et ceux qui priaient avec lui Si tous

les Romains embrassaient la foi chrétienne, ils vaincraient tous leurs ennemis par la prière. Ou plutôt, ils n'iraient plus à la guerre, gardés qu'ils seraient par la puissance divine, qui avait promis de garder des cités entières pour épargner cinquante justes. »

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