‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 142 sur 324 · Exode, XIV · texte numérisé non relu

Exode, XIV

Dans ce qui suit, Origène semble abandonner ce terrain solide et seul vraiment sûr pour un chrétien. « Nous aidons, dit-il, les rois de la terre; nous leur donnons une aide divine, si Ton peut s'exprimer ainsi,

en nous revêtant de toutes les armes de Dieu Les

prêtres des temples des idoles doivent conserver leurs mains pures de sang humain; aussi, même en temps de guerre, ne sont-ils pas enrôlés dans les armées. Et nous, prêtres et ministres de Dieu \ ne devons-nous pas encore bien davantage conserver nos mains pures de ce même sang, et lutter par nos prières avec ceux qui luttent pour une juste cause et pour le roi qui règne justement, afin que tout ce qui leur est opposé puisse être détruit? Et comme, par nos prières, nous mettons en fuite les démons, qui excitent les guerres, provoquent la violation des serments et troublent ainsi la paix des nations, nous aidons les rois bien mieux que ceux qui entrent en campagne. Personne ne combat avec plus de fruit que nous. Sans doute, nous ne combattons pas sous les ordres du prince, et, nous le demandât-il, nous ne pourrions le faire. Mais nous combattons pour lui; nous formons une armée d'un genre spécial, une armée de croyants, qui offrent leurs prières à Dieu ^ »

Dans ce passage, Origène suppose licite aux chrétiens de prier pour le succès des armes charnelles. Mais l'emploi même de ces armes est interdit aux chrétiens : il en résulte qu'ils ne sauraient prier légitimement pour leur succès. Et si les chrétiens priaient pour que partout dans le monde les hommes obéissent aux ordres de Christ; pour que partout, suivant l'expression

1. C'est de tous les chrétiens qu'il parle, ainsi qu'il vient de le dire.

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