Contre Celse, liv. VIII, ch. lxviu-lxx, lxxiii
crOrigène, ils s'en rapportassent pour leur protection « à cette divine Puissance qui a promis de sauver des cités entières par égard pour cinquante justes » ; si tous les chrétiens faisaient cela, le but de leurs prières serait atteint beaucoup plus tôt et beaucoup plus sûrement.
Nous reviendrons sur ce sujet dans la seconde partie de notre ouvrage.
§ II. L'esclavage. — Nous avons dit ailleurs que les esclaves formaient la moitié de la population de l'ancienne Rome \ Telle est au moins l'opinion de Gibbon On l'a taxée d'exagération. Mais si l'on réfléchit que les travaux de tout genre dans les champs, dans les affaires, dans les maisons, étaient presque absolument faits par les seuls esclaves, peut-être pensera-t-on que Gibbon n'est pas loin de la vérité. Pline nous parle d'un riche Romain qui mourut sous le règne d'Auguste, en laissant plus de quatre mille esclaves. Athénée, au iii^ siècle, connaissait beaucoup de citoyens, qui en possédaient dix et même vingt mille, plus, il est vrai, par ostentation que par nécessité.
On ne saurait trouver de couleurs assez sombres pour dépeindre la triste situation de cette classe d'hommes, et les traitements auxquels ils étaient en butte. On les considérait comme de simples objets mobiliers. On les inventoriait à l'instar des bêtes des champs ou des instruments agricoles. Ils n'avaient aucune existence politique; on leur refusait les droits du père ou du mari;