‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 144 sur 324 · Décline and Fait, I · texte numérisé non relu

Décline and Fait, I

ils ne pouvaient professer la même religion que leurs maîtres. On les vendait, battait, torturait, crucifiait; leur serment n'était pas reçu, et lorsque leur pouvoir grandissant paraissait compromettre ou compromettait la sécurité de l'État, on les massacrait en masse. Même les hommes les plus éclairés et les plus humains partageaient les préjugés populaires à leur égard. Aristote et Gicéron voyaient dans l'esclavage une institution divine; il y avait, d'après eux, des races inférieures destinées à servir des races supérieures, et Gicéron croit devoir excuser Atticus attristé par la mort de l'un de ses esclaves Gaton conseillait de faire travailler les esclaves à force, jusqu'à ce qu'ils en mourussent, afin qu'ils ne devinssent pas vieux, c'est-à-dire inutiles. Pour lui, les esclaves n'étaient que des bêtes de somme. G'est aussi lui qui engageait les maîtres à semer la division entre eux, pour les empêcher de conspirer ensemble. Et Golumelle déclare, que plus ils sont intelligents, plus il devient nécessaire de les mettre aux fers ^

Le christianisme, en annonçant la bonne nouvelle que le Christ était mort pour tous les hommes, et qu'en Lui il n'y avait ni esclave, ni libre, mit la cognée à la racine de l'arbre pourri de l'esclavage. Gependant il fallut du temps à l'Église pour employer cette cognée, et même pour comprendre que son devoir était de le faire. Peut-être, du reste, n'était-il pas possible, dans le monde romain d'alors, de faire autre chose que d'alléger le joug cIp la servitude, et de recevoir comme un

1. Voy. cependant la leUre de Gicéron à Tiron, et Church, Roman Life in the days of Cicero, 261-265.

2. E. G. Clarke, Early Christianity and Class Influence dans la Contemp. Review, déc. 1882; Dict. Christ. Anliq., p. 1902; Wordsworth, Church Hist., p. 333.

frère l'esclave devenu chrétien. L'apôtre Paul appelle l'esclave fugitif Onésime « un frère bien-aimé dans le Seigneur ^ » ; et Clément d'Alexandrie montre les fruits, parmi les chrétiens, de l'enseignement contenu dans ces paroles. « Nous devons, dit-il, traiter les esclaves comme nous voudrions qu'on nous traitât. Ils sont des hommes comme nous, et le Dieu de lesclave est le même que celui de l'homme libre. Nous ne devons donc pas les punir, mais leur faire des reproches, quand ils manquent à leurs devoirs ^ » On pense que les épitaphes des catacombes, par leur silence même, montrent la tendance de TÉglise à ne pas faire de distinction entre l'esclave et l'homme libre. En effet, tandis que les tombes païennes portent fréquemment des indications sur la condition du décédé, on n'a trouvé, sur les tombes chrétiennes, aucune distinction de ce genre ^

§ III. Le serment, — Le serment est expressément défendu dans le Nouveau Testament. Rien de plus positif à cet égard que les paroles de notre Seigneur dans le Sermon sur la montagne. L'apôtre Jacques n'est pas moins énergique K II n'est pas douteux que notre Seigneur ait eu en vue les serments solennels permis par la loi de Moïse. On a imaginé, il est vrai, que Jésus- Christ voulait parler des serments profanes. Mais cette supposition ne tient pas lorsqu'on lit : « Mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu auras déclaré par serment, » et cette conclusion est encore confirmée

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