‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 151 sur 324 · Voy. ci-dessus, p. 146, n · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p. 146, n

plus ancien de cette fâcheuse et trop naturelle confusion. Quoi de plus naturel, en effet, que de voir des judéo-chrétiens, encore imparfaitement pénétrés de Tesprit de l'Évangile, accorder au pasteur du nouveau troupeau, le respect dont ils environnaient ceux qui les avaient dirigés jadis, et lui attribuer le même nom? Or, il semble peu douteux que l'auteur de la Didachè ne soit un judéo-chrétien, appartenant peutêtre (telle est du moins l'opinion du docteur Lightfoot) à l'Église d'Alexandrie

La Didachè commence par une détermination des deux chemins : celui qui conduit à la vie, celui qui conduit à la mort. En cela, elle ressemble d'une manière frappante à la Ile partie de VÉpîlre de Barnabas (ch. xvni, xx). Cette ressemblance a amené quelques auteurs à supposer un emprunt de la part de Barnabas; d'autres, au contraire, de la part de l'auteur de la Didachè. Le D"" Lightfoot, pour sa part, ne croit point à un emprunt de l'un ou de l'autre, mais pense que tous deux ont puisé à une source commune. Les deux ouvrages, nous l'avons dit, sont mentionnés ensemble par Eusèbe. Tous deux semblent être des traités incomplets et peut-être interpolés, reproduisant un enseignement oralement transmis depuis une génération ou deux, et émanant originairement soit des apôtres eux-mêmes, soit de leurs contemporains. Il règne dans plusieurs passages une simplicité et une spirituahté de ton évidentes. Ainsi, par exemple, le motif d'honorer les docteurs, et la pierre de touche de leur vocation, n'est pas l'autorité dont ils auraient été investis par l'Église, mais simplement le fait qu'ils annoncent la parole de Dieu (ch. iv, xi). Ou encore cette affirmation (ch. iv) : Dieu ne fait pas acception de personnes dans ses appels, mais il vient pour ceux que l'Esprit a préparés.

1. La perQiission d'employer de l'eau chaude pour le baptême semblerait indiquer un climat plus froid que celui de l'Egypte. Hilgenfeld pense à l'Asie Mineure et aux montanistes (Contemporary Revieu\ décembre 4884). 11 est assez curieux de remarquer que, tandis que notre auteur demande de prier pour la fin du monde, Tertullien (peutêtre n'était-il pas encore montaniste) nous dit que les chrétiens de son temps priaient pour que la fin du monde fût retardée. Apol.^ chap. xxxix.

l'église PRLMITIVE

La Didache soulève encore une foule de questions intéressantes : ainsi sa théologie; ainsi encore la manière dont elle cite le Nouveau Testament. Le lecteur pourra, sur ces points et sur d'autres, se former lui-même une opinion.

En résumé, on peut dire que cet opuscule est un des plus intéressants parmi les rares monuments de l'époque immédiatement post-apostolique.

Nous avons reproduit la traduction de M. Bonet-Maury, professeur d'histoire ecclésiastique à la Faculté de théologie protestante de Paris. Il a bien voulu nous y autoriser ^

Page 1