‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 164 sur 324 · Apologétique (trad. de Gourcy), chap. xvii · texte numérisé non relu

Apologétique (trad. de Gourcy), chap. xvii

lui convienne : Grand Dieu! bon Dieu! Ce qui plaira à Dieu ! Ce langage est dans la bouche de tout le monde. Elle le reconnaît aussi pour juge par ces paroles : Dieu le voit; je mets ma confiance en Dieu; Dieu me le rendra. 0 témoignage de Tâme naturellement chrétienne ! Et, en disant cela, elle ne regarde pas le Gapitole \ mais le ciel. Elle sait que c'est de là qu'elle-même tire son origine, puisqu'elle la tire de Dieu. »

Et ailleurs ^ : « Tu es toujours prête, ô âme! à t'écrier : Dieu voit tout! Gomment le sais-tu, puisque tu n'es pas chrétienne? Gomment donc se fait-il qu'avec la couronne de Gérés sur le front, qu'avec le manteau couleur de pourpre de Saturne, qu'avec la blanche robe d'Isia, tu n'en appelles jamais à l'une de ces divinités ? 0 frappant témoignage rendu à la vérité ! Au milieu même des démons, ton àme vient témoigner en faveur de la religion chrétienne ! »

Rien de plus frappant que le contraste entre Glément d'Alexandrie et son contemporain , le grand docteur d'Afrique. Famille, éducation, nature d'esprit, tout diffère. Athénien par sa culture, sinon par sa naissance, Glément d'Alexandrie n'est pas plus tôt devenu chrétien, qu'il se met à voyager en Italie, en Palestine, en Égypte. Plein du désir de connaître, il veut aller chercher la sagesse et les lumières auprès des docteurs les plus renommés. A Alexandrie, il trouve Pantène, qui y a transporté l'école catéchétique qu'Athénagore avait,

1. Le Capitole de Rome, partie la plus élevée de la ville, contenait les temples nationaux de Jupiter, de Minerve et de Junon. Ici, il désigne la religion païenne elle-même.

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