‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 165 sur 324 · Du témoignage de l'âme, chap. ii · texte numérisé non relu

Du témoignage de l'âme, chap. ii

paraît-il, fondée à Athènes. Eusèbe nous a conservé une tradition au sujet de Pantène. On disait qu'il avait prêché l'Évangile aux nations de l'Orient et qu'il avait trouvé dans l'Inde (Arabie?) un exemplaire de l'Évangile de Matthieu en hébreu, que l'apôtre Barthélémy y aurait laissé ^. « Quand j'eus rencontré ce docteur, dit Clément, le dernier que je vis quant au temps, mais le premier quant à la valeur, mon âme trouva le repos. » Il parle de lui avec une grande affection. « Semblable, dit-il, à l'abeille de Sicile, il cueillait dans le champ des Écritures la fleur des prophètes et des apôtres, et il versait une science pure dans l'àme de ses auditeurs \ »

Vers l'an 189, Clément succéda à Pantène dans l'École d'Alexandrie et y enseigna avec une grande distinction jusqu'en 202. A cette époque, la persécution, sous Sévère, l'obligea à fuir, et il trouva un refuge auprès d'Alexandre, évêque de Jérusalem. C'est dans cette ville qu'il mourut vers Fan 220, c'est-à-dire à peu près en même temps que Tertullien.

« Grave dans ses mœurs, dit M. de Pressensé % et jusque dans son costume, chrétien austère, mais sans farouche ascétisme, large d'esprit et plein de sympathie pour les grandes aspirations de la conscience humaine, adorateur passionné du Verbe, dans lequel il a trouvé la plénitude de la vérité, sans toutefois dédaigner de se baisser à terre pour ramasser une parcelle d'or pur mêlée à beaucoup de fange.... tel était Clément d'Alexandrie. »

Il ne rejette pas en bloc, comme Tertullien, la philo-

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