‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 166 sur 324 · De Pressensé, op. cit., p · texte numérisé non relu

De Pressensé, op. cit., p

Sophie grecque. Il veut y voir un don de Dieu, une œuvre de la Providence. Il va même jusqu'à affirmer que la philosophie a été donnée aux Grecs comme la Loi aux Juifs, qu'elle a été nécessaire à leur justification avant la venue de Christ et qu'on doit encore la regarder comme une préparation à l'Évangile et comme compatible avec lui, si elle est bien comprise. « Nous ressemblons, dit-il, aux agriculteurs qui irriguent leurs terres avant d'y mettre la semence. Nous arrosons ce qui est terrestre avec les eaux du fleuve de la science grecque, pour que la semence spirituelle que nous y jetterons ensuite trouve plus facilement sa nourriture ^ » Le terrain sur lequel s'aventurait ainsi Clément n'avait cependant pas toute la solidité qu'il pensait, et il en vint souvent à identifier à tort les maximes de la philosophie grecque avec les vérités chrétiennes.

Clément et surtout Origène, son successeur, poussèrent à l'extrême la méthode allégorique d'interprétation de l'Écriture, si chère aux Orientaux. Nulle part, d'ailleurs, ce genre d'interprétation ne pouvait trouver un terrain plus favorable qu'à Alexandrie, où le juif Philon l'avait employée sans réserves pour l'Ancien Testament. L'Écriture, disait-on, avait trois sens : le sens historique, entièrement subordonné aux deux autres, le sens moral et le sens mystique. « Ce système d'interprétation, fait remarquer Robertson ^ avait quelque chose d'attrayant pour un génie spéculatif et pour le chrétien pieusement pénétré de la profondeur de la parole de Dieu. Mais il avait aussi pour trop fréquent résultat d'amener ceux qui s'y adonnaient à chercher moins le sens réel de

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