Néander, II, 419 n
aggravée par tous les tourments que pouvaient imaginer ses impitoyables bourreaux et par la menace fréquemment renouvelée de le brûler vif, s'il ne cédait pas. A vrai dire, sa vie fut épargnée; mais ses souffrances hâtèrent sa fin, et vers l'an 253 ou 254 il succomba, à l'âge de soixante-neuf ans ^
Les travaux d'Origène, aussi bien comme maître que comme savant, sont bien connus. Alexandrie avait en quelque sorte pris la place d'Athènes. D'elle partait, et en matière de religion et en matière de philosophie, le mouvement intellectuel. La science et l'esprit de libre recherche d'Origène réunissaient autour de lui non seulement des chrétiens, mais encore des hérétiques, des juifs et des païens. Parmi ses auditeurs se trouvait entre autres un riche citoyen de la ville, nommé Ambroise. Ambroise avait éprouvé un vif déplaisir en voyant la manière dont les docteurs ecclésiastiques comprenaient -et exposaient la doctrine chrétienne. Il s'était attaché aux gnostiques, qui prétendaient en donner une explication plus réellement spirituelle. Origène lui montra son ■erreur, et Ambroise, rempli de joie d'avoir enfin trouvé la vraie^/?(}^^ (connaissance), devint l'ami le plus intime de son maître. Pendant la persécution sous Maximin le Thrace, Ambroise et un autre de leurs amis furent jetés en prison. Origène leur écrivit les lignes suivantes : « Si l'angoisse entre dans vos cœurs, que l'Esprit de Christ qui habite en vous, quelque frayeur que vous puissiez avoir d'en être privés, vous amène à vous écrier : Pourquoi t'abats-tu, mon âme, et gémis-tu au dedans de moi '? Que la Parole de Dieu, qui est vivante et efficace,