‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 186 sur 324 · Néander, II · texte numérisé non relu

Néander, II

La hardiesse et la curiosité d'esprit d'Origène l'entraînèrent plus d'une fois dans de téméraires spéculations. « Son mysticisme intellectualiste l'empêcha trop souvent, comme Fa fait remarquer Néander \ de distinguer assez entre ce qui appartenait à la foi et ce qui appartenait à la philosophie chrétienne, et le fit ne pas tenir toujours un compte suffisant du but essentiellement pratique de la révélation divine. Il ne rapporta pas toutes choses à ce qui doit être l'objet exclusif des efforts de l'homme, la rédemption, la régénération, la sanctification et le salut. Dans sa conception du christianisme, la question pratique du rétablissement spirituel de l'homme est chose relativement subordonnée, faite pour la masse des croyants, qui ne peuvent aspirer encore à de plus nobles vues. La connaissance spéculative est pour lui le but vraiment élevé, et, à ses yeux, la charge idéale du docteur chrétien est de communiquer aux hommes spirituels, qui peuvent le comprendre, les vérités transcendantales. »

La tendance idéaliste que nous avons relevée chez Clément est encore bien plus marquée dans Origène. « Cet idéalisme, dit M. de Pressensé % eût été plus funeste à Origène, s'il n'eût pas été tempéré par le sérieux de ses croyances; mais il fut maintenu dans la grande ligne de la foi chrétienne par la profondeur de son sens religieux. Bien qu'il fût incontestablement l'un des premiers savants de son temps, il ne fléchit jamais le genou devant cette idole de la science qu'adorait alors la philosophie grecque et que relevait la gnose hérétique. Il mit toujours la conscience au-des-

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