Néander, I
2. Idem, 192. C'était le cinquième évêque de Rome de suite, qui soutïrait le martyre depuis huit ans.
3. Gyprien, Ep. LXXXI. Northcote, Visit to ilie Catacomb^ p. 31.
corps est assez rôti; faites-le tourner afin que l'autre rôtisse, et puis, si vous le voulez, dévorez-le ^
L'heure dernière de Gyprien allait également sonner. Un an auparavant, le jour même de son arrivée à Gurubis, il avait eu une vision avant de s'endormir. Un jeune homme d'une taille extraordinaire l'amenait au prétoire et devant le Proconsul. A peine le juge l'eût-il aperçu, qu'il se mit à écrire la sentence sur ses tablettes. Le jeune homme, debout derrière lui, lisait par- dessus son épaule et paraissait plongé dans une grande anxiété. N'osant parler, il fit comprendre par signes à Gyprien ce que le Proconsul écrivait. Étendant la main et l'inclinant de façon à indiquer la lame d'un sabre, il imita l'acte du bourreau. Gyprien, comprenant clairement ce dont il s'agissait, demanda un jour de répit pour mettre ses affaires en ordre, et son insistance amena le Proconsul à écrire de nouveau sur ses tablettes. Le calme du jeune homme et un second signe qu'il fit avec ses doigts indiquèrent à Gyprien que sa requête était accordée ^
Gyprien ne douta pas, après cette vision, qu'il ne fût voué au martyre et qu'un an de répit seulement lui eût été accordé. Ayant reçu la permission de quitter le lieu de son exil, il était rentré dans sa résidence habituelle, près de Garthage. Il y séjournait à peine depuis un an, lorsque deux officiers de police parurent subitement chez lui. Gyprien s'avança vers eux, digne et joyeux dans son maintien. Ils le placèrent entre eux sur un
1. Les « Actes » de ce martyr semblent avoir été déjà perdus du temps d'Augustin. 11 s'appuie, en effet, sur la tradition. Mais il est admis que peu de martyres des trois premiers siècles reposent sur de meilleures preuves. Dict. Christ. Biog.^ art, Laurentius (36).