‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 194 sur 324 · Church Hist., I · texte numérisé non relu

Church Hist., I

il reçut le baptême appelé clinique, c'est-à-dire administré par aspersion sur le lit de maladie. 11 se rétablit et se distingua dès lors par la fermeté de sa foi, sa facilité à enseigner et un zèle pour la sainteté, qui l'amena bientôt à adopter un genre de vie ascétique. Son ordination à la prêtrise par l'évêque Fabien mécontenta néanmoins plusieurs membres du clergé qui trouvaient le baptême clinique insuffisant pour un prêtre, et soutenaient que Novatien, n'ayant pas été confirmé par l'imposition des mains d'un évêque, ne pouvait pas non plus avoir reçu le Saint-Esprit. A la mort de Fabien (251), on choisit, pour remplir sa place. Corneille, connu pour son indulgence en faveur des lapsi. Novatien, c'est luimême qui nous le raconte, aurait voulu continuer à mener la vie tranquille et méditative qu'il avait menée jusque-là. Malheureusement il se laissa entraîner par Novatus, l'un des cinq prêtres opposants de Garthage, homme sans consistance et intrigant, à devenir chef de parti et à se faire nommer évêque en opposition à Corneille. Les deux rivaux en appelèrent aux principales Églises. Beaucoup d'évêques se mirent du côté de Novatien, mais la plupart, et notamment Denys d'Alexandrie et Cyprien, du côté de Corneille. Denys chercha même, dans une discussion amicale, à amener Novatien à se retirer. <^ Le martyre pour éviter le schisme, lui écrit-il, ne serait pas moins glorieux que le martyre pour éviter l'idolâtrie. Que dis-je! il est plus glorieux encore, car dans le second cas il ne s'agirait que de votre âme, et dans le premier du bien de l'Église entière \ » Ce schisme épiscopal ne se prolongea du reste pas longtemps, et

1. Eusèbe, liv. VI, chap. xlv (il l'appelle Novatus, mais c'est bien de Novatien qu'il s'agit). Néander, I, 330-332.

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Corneille resta évêque de Rome. Mais la secte des Novatiens (ils se nommaient eux-mêmes les Cathares, les purs) eut des ramifications dans l'Empire presque entier et ne disparut définitivement qu'au vi"" siècle \

L'idée fondamentale des Novatiens était que l'Église, ne devant se composer que de personnes pures, devait chasser de son sein toutes celles qui ne l'étaient pas. Par conséquent, qu'elle ne pouvait réintégrer des excommuniés, quelles que fussent leur repentance et leur soumission à la discipline ecclésiastique.

Gyprien, qui considérait Novatien comme un loup introduit dans la bergerie, comparait cette doctrine à la conduite du sacrificateur et du lévite abandonnant à la mort le malheureux blessé du chemin, tandis qu'il se comparait lui-même et ceux qui pensaient comme lui au bon samaritain. Cette comparaison était inexacte. Novatien ne prétendait pas qu'il fallût abandonner ceux qui étaient tombés et ne pas les exhorter à la repentance. Il soutenait aussi énergiquement que Cyprien qu'ils pouvaient être les objets de la miséricorde divine, mais il affirmait que l'Église ne pouvait leur accorder l'absolution, et que leur réadmission à sa communion était une forfaiture. A cela Gyprien répondait que la présence de l'ivraie dans l'Église n'était pas une raison suffisante pour s'en séparer. Comme le fait avec raison remarquer Néander, Cyprien et Novatien partaient tous deux d'une même erreur fondamentale, tout en variant sur son application. Cette erreur, c'était la confusion entre l'Église visible et l'Église invisible. En effet, elle amenait, d'un côté, Novatien à conclure que toute Église

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