De l'oraison dominicale, chap. xxxi
rÉcriture contre les inventions et les altérations résultant de la coutume. L'évêque de Rome, Etienne, avait dit, en parlant contre le baptême des hérétiques, qu'on ne devait rien innover, mais s'en tenir à la tradition seule. Gyprien écrit à ce sujet à Pompée : « Mais d'où vient cette tradition? Est-ce de Notre-Seigneur et de l'Évangile ou des apôtres et de leurs épîtres? S'il en est ainsi, à la bonne heure, qu'on observe cette sainte et divine tradition.... Mais quelle opiniâtreté, quelle présomption n'y a-t-il pas à préférer la tradition humaine aux commandements de Dieu, et à oublier combien la colère de Dieu attend ceux qui, au nom de la tradition
humaine, négligent les préceptes divins La coutume
erronée qui s'est glissée dans quelques Églises ne doit point prévaloir sur la vérité, car une coutume qui ne s'appuie point sur la vérité n'est qu'une vieille erreur K., Si nous remontons à la source de la tradition divine, l'erreur humaine disparaît. Lorsqu'un aqueduc, qui fournissait auparavant des eaux abondantes, vient tout à coup à se dessécher, ne remonte-t-on pas aussitôt à son point de départ pour en savoir la cause, pour voir si les sources ont tari, ou si l'aqueduc laisse perdre l'eau? Ne le répare-t-on pas alors, ne le consolide-t-on pas, afin que la ville puisse être fournie d'eau avec toute l'abondance que comportent les sources? Voilà ce que doivent faire maintenant les évêques qui veulent garder les commandements de Dieu. Si donc la vérité vient à être douteuse sur quelque point, nous devons remonter
à l'Évangile et à la tradition des apôtres ^ »
Ajoutons enfin quelques lignes de son Traité sur la