‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 203 sur 324 · Tp'JCpiqç (TW{J.aTtXTjÇ · texte numérisé non relu

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308 l'église primitive affection et respect. « Non-seulement, dit-il, j étais sur bien des points d'accord avec lui, mais je l'aimais à cause de sa foi, de son activité, de sa connaissance des Écritures et du soin qu'il apportait à tout ce qui concernait le chant Je le respecte aussi parce qu'il n'est

plus. » Mais, ajoute-t-il, il faut avant tout aimer et respecter la vérité.

Outre sa réfutation écrite de l'opinion erronée de Népos, Denys eut une conférence avec le chef de cette hérésie, Goracion, et ses principaux adeptes. Sa conduite dans cette circonstance peut servir d'exemple à tous les chrétiens dans leurs discussions. « Lorsque j'étais à Arsinoé, écrit-il, je réunis les prêtres, les docteurs et tous les fidèles qui le désirèrent, pour examiner ensemble cette doctrine. On ne manqua pas de m'opposer le livre de Népos comme une forteresse inexpugnable. Pendant trois jours entiers, du matin jusqu'au soir, je cherchai avec eux à en réfuter les arguments. J'admirai alors la douceur, la sincérité, la docilité et les lumières de nos frères, la modération de leurs questions et de leurs objections, et l'esprit de conciliation qui régnait entre nous. Quand nous avions reconnu la fausseté d'une opinion, nous nous gardions, par-dessus tout, de la soutenir avec opiniâtreté. Nous n'éludions point les objections, mais nous tâchions d'établir, par des preuves solides, ce dont il était question; et lorsque l'on nous convainquait par raison, nous n'avions point de honte de nous rendre et de changer de sentiment. Nous recevions de bonne foi, et les cœurs ouverts devant Dieu, tout ce que nous reconnaissions être prouvé par les saintes Écritures. Enfin, Goracion, après avoir entendu tous les frères, se reconnut convaincu par les arguments

qui lui avaient été proposés, et déclara qu'il cesserait désormais d'enseigner cette doctrine K »

Il existe un traité de Denys dirigé contre les philosophes épicuriens. Les Épicuriens niaient l'existence du Dieu créateur et providence, et attribuaient la formation de l'univers à une combinaison fortuite des atomes. Gitons-en quelques lignes. « Ils donnent le nom d'atomes, dit-il, à des corps extrêmement petits et impérissables, infinis en nombre, et occupant un espace d'une étendue non moins infinie. Ils disent que ces atomes, tout en roulant au hasard dans le vide, se choquent les uns les autres dans un tourbillon désordonné, créent en se mêlant une multitude de formes diverses, se combinent entre eux et deviennent ainsi, peu à peu et graduellement, le monde et tout ce qu'il contient. » Bien certainement, répond Denys, Épicure n'a jamais considéré les cieux avec les yeux d'une intelligence saine; il n'a jamais entendu la voix éclatante qu'avait si bien entendue un autre observateur des cieux, lorsqu'il disait : « les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue donne à connaître l'œuvre de ses mains. » Il n'a pas non plus regardé avec assez de réflexion la surface de la terre, car sans cela il aurait compris que « la bonté de l'Éternel remplit la terre » et qu' « à l'Éternel est la terre et tout ce qu'elle renferme ' ».

Grégoire le Thaumaturge (faiseur de miracles) était encore plus cher à Origène que Denys. Il était né à Néo-Gésarée dans le Pont, de parents païens riches et nobles. Son vrai nom était Théodore. A l'âge de quatorze ans, il perdit son père et passa lui-même par une

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