Eusèbe, liv. VIII, cliap. i
Nicomédie. En conséquence, le 23 février 303, jour de la grande fête romaine des Terminalia, presque avant le jour, le préfet, le commandant militaire et plusieurs magistrats civils se rendirent à l'église. Située sur une éminence, et dominant la cité, on pouvait l'apercevoir au-dessus du palais impérial ^ Ayant brisé les portes, ils cherchèrent partout une image de la divinité et furent fort étonnés de n'en trouver aucune. Ils brûlèrent tous les exemplaires des Saintes Ecritures et pillèrent les ustensiles et les meubles de l'église. Des fenêtres du palais, Dioclétien et Galère suivaient leurs mouvements et discutaient la question de savoir si l'édifice lui-même serait ou non réduit en cendres. L'avis de Dioclétien prévalut à la fm. Il craignait qu'un feu aussi considérable ne se communiquât au reste de la ville. Mais on envoya la garde prétorienne avec des haches et autres instruments, et quelques heures suffirent pour mettre ce bel édifice au ras du sol
Le lendemain, Fédit de proscription fut publié. Tous les chrétiens qui occupaient des charges honorifiques ou autres devaient abjurer, sous peine de dégradation. Le reste devait perdre ses droits civils, et ne pouvait introduire aucune action quelconque devant les tribunaux. Enfin, la torture pouvait être employée dans les interrogatoires. Quant aux esclaves chrétiens, ils ne pouvaient être affranchis. Tous les exemplaires des Écritures devaient être publiquement brûlés, les églises démolies, les biens ecclésiastiques confisqués. Un chrétien de naissance noble, arrachant l'édit, le mit en pièces
1. Ce détail montre combien la nouvelle religion avait acquis d'importance à ce moment-là.