Malth. X
sa fille à sacrifier aux dieux. Un grand nombre d'officiers de la cour et de prêtres avec leurs familles sont mis à mort par le feu, par le glaive ou par Feau.
Sur ces entrefaites, des troubles politiques éclatent en Arménie et en Syrie. On soupçonne le clergé chrétien et un second édit paraît, ordonnant de saisir partout et d'emprisonner tous les fonctionnaires ecclésiastiques. On l'exécute si bien qu'on ne peut plus trouver, dans les prisons encombrées d'évêques et de prêtres, de place pour les malfaiteurs Trois mois après, nouvel édit. Tous les chrétiens emprisonnés seront relâchés s'ils veulent sacrifier aux dieux. Tous ceux qui refuseront de le faire devront y être contraints par toute espèce de torture. Enfin, en 304, quatrième et dernier édit, plus radical encore que le troisième, en ce qu'il étend à tous les chrétiens les mesures prescrites par l'édit précédent. Dans chaque ville, une proclamation ordonne à tous les habitants, hommes, femmes, enfants, de se rendre dans les temples. Des listes nominatives servent à appeler les citoyens l'un après l'autre; une enquête sévère est faite, aux portes, des allants et venants et on arrête tous ceux qu'on reconnaît pour chrétiens. Et si, comme précédemment, un grand nombre se montre au-dessous de cette terrible épreuve, partout, cependant, de nombreux témoins pour Christ se montrent prêts à sacrifier leur liberté et même leur vie.
Désormais les persécuteurs se croient sûrs de leur triomphe. Déjà ils chantent l'hymne de la victoire :
1. Tous ne furent pas emprisonnés. Eusèbe parle de quelques évêques qui, négligeant de paître convenablement le troupeau raisonnable de Christ, furent condamnés, comme indignes, par la justice divine, à garder des chameaux sans raison et les chevaux de l'empereur. H. E., 1. VIII (Supplément), chap. xii.
« Le nom des chrétiens qui voulaient bouleverser FÉtat a été effacé I Partout la superstition chrétienne est détruite; partout le culte des dieux est rétabli M »
Mais au moment même où les oppresseurs exultent ainsi, la Providence divine prépare la délivrance de r Église.
Monnaie commémoraïive du prétendu triomphe de Dioclétie?} sur le chiustiainisme.
Sur robvers,la tête de Fempereur couronnée de laurier, et la légende, Diocletianus P[erpetuus] F[elix] Aug[iistus] Dioclétikn, immortel, heureux, Auguste.
Sur le revers, Jupiter brandissant la foudre, et foulant aux pieds im personnage agenouillé, dont les jambes finissent en queue de serpent, et représentant le christianisme. Cette figure rappelle l'Abraxas, ou chef des cieux, des pierres précieuses des gnostiques. La légende est : Jovi Fulgeratori, a Jupiter qui lance les éclairs. Au-dessous, les lettres P. R. signifient : Pecimia Ro7nx, Monnaie de Rome. C'est une monnaie d'or, un peu plus grande qu'une de nos pièces de SO centimes ^.
La persécution ne s'étendit jamais jusqu'aux extrémités occidentales de Fempire. Elle fut épargnée à la Gaule, à l'Espagne et à la Grande-Bretagne. Constance Chlore en était le César. Doux et humain, il était bien disposé envers l'Église et, tout en ne professant pas luimême la religion chrétienne, il accordait une confiance toute particulière aux chrétiens de son entourage qui