Eusèbe, 1. IX, chap. i
2. Eusèbe, Martyrs de Palestine, chap. ix; //. !X, chap. v, vu.
« En général, fait remarquer Milman, la politique de l'empereur était de s'en tenir à une oppression vexatoire et épuisante et à des punitions qui provoquaient la douleur et la misère, sans donner aux victimes la gloire de mourir pour la foi. Les persécutés avaient donc toutes les souffrances du martyre, sans en avoir l'honneur. » Quelques chrétiens, il est vrai, furent mis à mort : ainsi Pierre, évêque d'Alexandrie. Mais la plupart des victimes subirent des mutilations, eurent les yeux crevés ou durent aller travailler dans les mines les plus malsaines K
La population païenne, par haine du nom chrétien ou par complaisance servile vis-à-vis du pouvoir, seconda les efforts de l'empereur. Antioche, Tyr, Nicomédie, d'autres cités importantes encore, envoyèrent des pétitions pour demander qu'aucun ennemi des dieux ne pût demeurer dans leurs murs ou y célébrer son culte, et la ville de Tyr, dans son loyalisme, fit graver sur une plaque d'airain la réponse de l'empereur à sa pétition. Eusèbe nous l'a conservée. L'empereur félicite d'abord les citoyens de Tyr de leur piété et il loue la sienne propre; puis il glorifie les résultats remarquables que cette piété a déjà produits. Grâce à la bienveillante protection des dieux, dit-il, la terre n'a pas, comme autrefois, déçu l'attente du laboureur, et le pays n'a été désolé ni par la guerre, ni par des tempêtes, ni par des tremblements de terre. Que les chrétiens considèrent les grandes plaines où ondulent les épis chargés de grains, et qu'égaient de belles prairies; qu'ils considèrent combien est pur et réconfortant l'air