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2. Voir la planche IV des photographies da chap. xv. Les lettres grecques XP (en français CHR) étaient employées comme abréviation de XPIST'OS.
deries d'or et de pierres précieuses et sur la bordure duquel on avait brodé les portraits de l'empereur et de ses enfants \
Que penser de cet événement? dans quelle mesure la vérité, l'imagination et l'invention s'y trouvent-elles mêlées? autant de questions qui ont toujours embarrassé et divisé les historiens. « Il y a, dit Milman, trois tliéories principales sur ce fait aussi intéressant qu'inexplicable : d'après la première, il s'agirait d'un vrai miracle ; d'après la seconde, ce serait un phénomène naturel, dont l'imagination de l'empereur aurait été frappée; d'après la troisième, enfin, on se trouverait en présence d'une invention positive de Constantin ou d'Eusèbe. » Avec Néander, Robertson et d'autres auteurs impartiaux, Milman repousse la première et la troisième des théories, et admet la seconde. Il croit que la légende au-dessus de la croix a pour origine une simple déduction de l'empereur, devenue peu à peu partie intégrante de la vision. Mais il n'en vient pas à cette conclusion sans insister sur un côté de la question qui commence enfin à exercer sa légitime influence sur l'interprétation des moyens employés par la Providence. En effet, après avoir décrit le Labariim^ il ajoute : « Ainsi, et pour la première fois, le doux et pacifique Jésus est devenu le Dieu des batailles, et la croix, signe auguste de la Rédemption, une bannière pour les luttes sanglantes. Une pareille et si irréconciliable contradiction entre le symbole de la paix universelle et les horreurs de la
1. Eusèbe, Vie de Constantin^ liv. I, chap. xxi-xxvi. Lactance, contemporain de l'événement, mentionne le fait en disant simplement : Constantin, averti par un songe de faire mettre sur les boucliers de ses soldats le signe céleste et d'engager ensuite le combat, fit ce qui lui avait été ainsi ordonné. De morte Persec . , chap. xliv.
guerre, témoigne d'une façon absolue, à mon avis, contre tout caractère miraculeux ou surnaturel dans cette affaire \ »
L'armée de Maxence fut vaincue. Constantin fit son entrée triomphale dans Rome, et il en consacra le souvenir en faisant ériger le magnifique arc de triomphe qui porte encore son nom ^ Il signala sa victoire d'une manière plus digne en promulguant à Milan, de concert avec Licinius, le mémorable édit de tolérance universelle. Un an après, il le publiait de nouveau, mais plus développé, à Nicomédie '\ Dans la lutte entre Constantin et Maxence, Maximin Daza avait secrètement aidé le second. Après sa défaite, il se mit en hostilité ouverte et déclara la guerre à Constantin et à Licinius. Son armée fut mise en complète déroute. Il avait fait vœu, s'il remportait la victoire, d'exterminer le nom chrétien. Après la défaite, et une telle défaite, sa fureur changea d'objet, et dans son désespoir il fit mettre à mort plusieurs prêtres et plusieurs aruspices, dont les prétendues divinations l'avaient si entièrement trompé. Bien plus, dans les provinces qui lui étaient restées fidèles, il accorda aux chrétiens la plus entière liberté et fit rendre aux Églises les biens qui leur avaient été confisqués. Peu de mois après il mourut de la façon la plus lamentable, consumé, dit-on, par un feu intérieur \
Ainsi se termina, après dix années de souffrances, cette grande persécution. Gibbon évalue le nombre de
1. Hist. of Christ., Il, 286-288. — Milraan cite Mosheim à l'appui de son opinion. Cf. Néander, III, 18-16; Robertson, I, 180.
2. Sur- la photographie de l'Arc de triomphe de Titus (P° partie, chap. n), on peut discerner, au fond, à droite, celui de Gonstautin.
3. Ce second édit est aussi connu sous le nom d'Édit de Milan.