Martyrs de Palestine, chap. ii
2. Ce ne fut qu'à l'époque de Constantin que Jérusalem reprit son ancien nom.
malheureux jeune homme pour essayer d'obtenir des aveux plus circonstanciés, et le condamne enfin à mort comme ennemi de l'État \
Théodosia, de Tyr, jeune fille de dix-huit ans, donna aussi l'exemple d'un courage et d'une fidélité étonnantes. Plusieurs confesseurs avaient été cités devant le tribunal. Elle s'approche d'eux pour les saluer et peut-être aussi, comme l'historien paraît le supposer, pour leur demander de se souvenir d'elle lorsqu'ils seraient en présence du Seigneur. Gomme si elle eût commis le plus atroce des crimes, les soldats s'emparent d'elle et la conduisent devant le gouverneur, et celui-ci ordonne de lui déchirer les chairs jusqu'aux os avec des instruments de torture... On la jette enfin à la mer, respirant encore et conservant sur son visage l'expression de sa joie et de sa sérénité intérieures ^
Les traitements infligés aux chrétiens du Pont furent plus odieux encore, s'il est possible, que ceux qu'avaient eu à subir leurs frères d'Égypte et de Palestine. Aux uns, on perça les doigts de toute leur longueur, à l'aide de roseaux acérés introduits sous leurs ongles. Aux autres, on versa dans le dos du plomb fondu et bouillant. Pour d'autres, enfin, on inventa des tortures qui, dit l'historien, défient toute description. « Mais à la tin, ajoute-t-il, les magistrats se découragèrent. Fatigués de commettre des meurtres, rassasiés de sang, il leur plut de transformer, comme ils disaient, leur sévérité en clémence. Ils se contentèrent donc, désormais, de mutiler les victimes, et il est impossible de compter tous ceux qui eurent l'œil droit arraché avec le glaive,