H. E., L Vni, ch. XII
.2. Notice biograph. sur Pamphile^ Ante-Nic. Library, vol. XIV, p. 447, 448. Néander, II, 496, 497. — Burton, Christian Church, 388, 389.
L'histoire de son esclave Porphyre nous montre toute rinfluence qu'il exerçait sur son entourage. Porphyre était un jeune homme de dix-huit ans, qu'il avait élevé avec un soin tout paternel, et auquel il avait inspiré un ardent amour du Rédempteur. Lorsque Porphyre apprit que Pamphile était condamné à mort, il présenta une requête pour obtenir la permission d'ensevelir les restes de son maître bien-aimé. Cette requête n'eut d'autre effet que de provoquer les soupçons du fanatique préfet. Il fut questionné, avoua qu'il était chrétien et refusa énergiquement de sacrifier. Soumis aux plus cruelles tortures, il mourut à son tour sur le bûcher, après avoir été horriblement déchiré. Il supporta ces cruels traitements avec la plus admirable constance. Au moment où le feu l'atteignit, il cria seulement : Jésus, Fils de Dieu, aide-moi ^ !
Deux traits, seulement, de la vie d'Arnobe nous sont connus. Le reste de sa vie est environné de la plus complète obscurité. Au moment où la persécution éclata, il était professeur de rhétorique à Sicca ^ en Afrique. Il y comptait de nombreux élèves, notamment Lactance. Arnobe professait le paganisme, et, bien que versé dans la connaissance des systèmes philosophiques, il n'en était pas moins plongé dans la plus superstitieuse idolâtrie. « Dernièrement encore, dit-il, ô aveuglement! je vénérais des images sorties de la fournaise, des dieux faits sur l'enclume et fabriqués au marteau, des os d'éléphant, des peintures et des guirlandes suspendues
1. Eiisèbe, Martyrs de Palestine^ chap. xi. — Néander, H, 497 n.
2. Sicca Veneria, ville importante de la frontière de Numidie. — Comme son nom l'indique, c'était une de ces villes, où le culte méprisable de la déesse de l'Amour était célébré. La nation phénicienne y était, on le sait, tout particulièrement adonnée.
aux vieux arbres. Et si, parfois, je rencontrais une pierre enduite d'huile... je lui rendais un culte et en sollicitais des bénédictions, conime si cette masse inerte avait eu quelque puissance en elle-même \ » Il ne s'en tenait même pas là. Dans ses leçons, il attaquait constamment le christianisme. Mais les martyres qui suivirent l'édit de Nicomédie paraissent avoir touché son cœur, et l'avoir amené à quitter le dédale de l'erreur pour la route belle et droite de la vérité, dans laquelle il eut pour guide, dit-il, « le souverain docteur ». Il vint alors trouver les frères de l'Église de Sicca. Mais « tous le craignaient », comme les chrétiens de Jérusalem avaient craint Saul. Ils demandèrent donc à leur ennemi de la veille de donner des preuves de sa sincérité, et, pour se rendre à leur vœu, il composa sa savante apologie du christianisme, le Traité contre les Gentils, On ne sait rien sur sa mort; il semble probable, toutefois, qu'il a fait partie de la « glorieuse armée des martyrs » victimes de cette grande persécution ^
1. Arnobe, Dispustat., liv. I, chap. xxxix. ' 2. Introduction aux écrits cl' Arnobe, A. N. L. — Dict. Christ. Biog.