Bingham, liv. V, chap. m
2. Eusèbe, X, 6; Robertson, I, 191. — Il décida aussi que le clergé catholique de la province serait entièrement affranchi de toute chai^ civile.
FÉglise dans ce monde, lorsqu'ils virent dans quels embarras cette union avec l'État les avait entraînés, ils rendirent, par leur opposition ferme et constante à l'ingérence de l'État en matière ecclésiastique, un réel service à la vérité. On peut dire qu'ils ont été, au iv^ siècle, les successeurs des Novatiens^ comme ceux-ci avaient été, au ui% ceux des Montanistes du if .
En 305, un synode d'évéques deNumidie — ils étaient douze environ — fut tenu à Girta, sous la présidence de Févêque Secundus, de Tigisis. On y convint de remplacer un évêque qui était tombé durant la persécution. Mais, dans le cours des débats, il devint manifeste que tous les évêques présents avaient plus ou moins de reproches à se faire. L'un avait livré les Écritures ; un autre avait offert de l'encens aux dieux; un troisième avait donné des papiers sans importance au lieu de manuscrits des Livres saints. Une accusation de la plus grande gravité pesait sur un quatrième, l'évêque Piirpurius : on l'accusait d'avoir assassiné ses deux neveux. Et comme tous avaient les yeux fixés sur lui, Purpurius, se tournant vers Secundus, lui dit d'un ton plein de colère : « Penses-tu m'effrayer comme tu en as effrayé d'autres? Non seulement j'ai tué, mais je suis disposé à tuer encore tous ceux qui me porteront ombrage. Ne me pousse pas à bout, ou bien je dirai ce que tu as fait lorsque le curateur t'a demandé de remettre les Livres sacrés. » Le neveu de Secundus intervint alors et dit à son oncle : « Tu vois qu'il est sur le point de nous quitter et de créer un schisme; non seulement lui, mais tous les autres. Tu entends ce qu'ils te reprochent, ils s'uniront et te condamneront. Toi seul, alors, seras hérétique. » Secundus sentit la force de ce raisonnement
et consentit enfin à ce qu'il avait refusé tout d'abord, c'est-à-dire à laisser tout le passé tomber dans l'oubli, chacun devant répondre devant Dieu de ses propres actes. Cette décision fut accueillie par ce cri unanime : Grâces soient rendues à Dieu
Nous avons déjà donné un exemple de la fraude pieuse consistant à livrer des écrits hérétiques au lieu de Livres saints. Mensurius, évêque de Garthage, en agissant ainsi, s'était attiré le blâme des plus rigides. Mais ce qui souleva surtout contre lui le mécontentement des mal intentionnés fut sa ferme et prudente conduite vis-à-vis de ceux qui ne savaient pas garder de justes bornes dans leur respect pour le martyre. Il vit qu'il y avait, parmi les soi-disant martyrs, des gens dont le caractère ne supportait pas l'examen, des débiteurs insolvables, des paresseux et des fanatiques, qui se faisaient nourrir par des dévots dépourvus de jugement. Tous ses efforts et ceux de son archidiacre Gécilien tendirent donc à montrer combien les objets de ce respect exagéré en étaient indignes ^
L'orage couva tant que Mensurius vécut; dès qu'il fut mort, en 311, il éclata sur son successeur Gécilien, dont l'ordination, assuraient à tort ou à raison ses adversaires, était sans valeur, parce qu'elle avait été présidée par un traditor % l'évêque Félix. A la tête de l'opposition se trouvait une riche dévote de Garthage nommée Lucilla, que Gécilien avait mortellement offensée en lui reprochant son habitude d'embrasser les ossements d'un prétendu martyr avant de communier.
1. Optatus, Du schisme des Doiiatistes, I, 39. Cooper, Free Church, 357.