Lettre au Concile cV Arles
s'apercevoir qu'il n'était pas sans aspérités. Les interminables querelles entre évêques, les disputes sur ce qui était hérétique ou non, ne lui laissèrent plus désormais un jour de repos.
Les partisans de Majorinus, on s'en souvient, avaient demandé que leur cause fût soumise aux évêques des Gaules. Un concile ou synode fut, en conséquence, réuni d'office à Rome, dans le palais de Latran, en octo?jre 3i3. Seulement, aux trois seuls évêques gaulois convoqués, on en ajouta quinze d'Italie, et la présidence fut donnée à Miltiade \ évêque de Rome. Cécilien arriva avec dix évêques de son parti; Donatus, avec un nombre égal du sien. Le synode donna gain de cause à Gécilien. Miltiade proposa un compromis, mais Donatus et ses amis le repoussèrent dédaigneusement et en appelèrent à l'empereur. Celui-ci consentit à les entendre ; mais, avant de convoquer un nouveau concile à cet effet, il fit faire à Garthage une enquête judiciaire, tortures comprises, sur les accusations portées contre l'évêque Félix, qui avait consacré Gécilien. Elle tourna en faveur de Félix, qui fut déclaré innocent.
Le nouveau concile, auquel avaient été convoqués les chefs de l'Église occidentale tout entière, se réunit à Arles en 314. Les juges, les accusateurs, les accusés s^'y rendirent tous aux frais de l'Etat ^ On prétend que deux cents évêques répondirent à l'appel. Jamais concile n'avait été plus nombreux. Encore une fois Gécilien triompha et son ordination fut déclarée valable. Les