‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 236 sur 324 · Us sont connus sons le nom de Circiimce/limies · texte numérisé non relu

Us sont connus sons le nom de Circiimce/limies

pour leurs adversaires, parcourir le pays en tous sens, et porter partout le feu, les tourments et le meurtre K Leur cri de guerre était Deo laudes (louanges à Dieu); leur arme, une lourde et puissante massue, qu'ils nommaient risraélite. Ils ne voulaient point, disaient-ils, se servir du glaive, parce que Christ avait ordonné à Pierre de le remettre au fourreau. Les catholiques ne montrèrent pas, à en croire leur propre témoignage, une violence moindre que celle des Gircumcelliones. Au nom de FAncien Testament, au nom de l'exemple de Moïse, de Phinées, d'Élie, ils prétendaient que le devoir des chrétiens était de tuer par milliers les renégats et les incrédules. Certes, on doit le reconnaître, les premiers fruits de l'union de l'Église et de l'État ont été suffisamment amers ^ !

Constantin ne tarda pas à se convaincre que l'épée était un mauvais moyen de réduire le Donatisme. Alarmé pour la sécurité de ses possessions africaines, il ordonna (317) à Urascius de s'arrêter, et engagea CéciHen à traiter ses adversaires avec bienveillance et à laisser à Dieu la vengeance. « Tous les schismes, écrivait l'empereur, procèdent du diable, et c'est aussi de là que procèdent nos schismatiques. Quel bien pourrais-tu espérer d'hommes qui sont les ennemis de Dieu et de sa sainte Église?.... Peut-être les gagnerons-nous par la patience

1. Les Covenantaires, les partisans de la Cinquième Monarchie et le& Camisards peuvent être considérés comme les représentants modernes et fort adoucis de ce fanatisme ancien. Les noms mêmes que prirent les entliousiastes anglais avaient été pris avant eux. Un des évêques des Gircumcelliones était surnommé Habet Deum (Has-God). — Le traducteur, pour cette fois seulement, sort de sa réserve pour repousser, tout au moins en ce qui concerne les Camisards, une assimilation qui rappelle par trop celle de l'évêque romain Fléchier ou celle de l'apostat Brueys et consorts, et qui, d'ailleurs, lui paraît exagérée et injuste.

2. Milman, Church. Eist., II, 305, 306. — Dict. Christ. Biog., I, 883.

€t la bonté.... Ils ont détruit, à ce que j'ai appris, une église à Gonstantine \ J'ai donné l'ordre à mon ministre des finances d'en faire bâtir une nouvelle. » A partir de ce moment, l'empereur ne s'occupa plus des Donatistes. Ceux-ci persistèrent dans leur voie, et augmentèrent en nombre à ce point que, en 330, on ne comptait pas moins de 270 évêques à l'un de leurs synodes ^ Nous ne les suivrons pas nous-même plus loin, car leur histoire appartient désormais à une autre période que la nôtre.

Les événements politiques du règne de Constantin, à partir de la mort de Maximin Daza, peuvent être brièvement résumés. Après sa défaite (314), Licinius se constitua le champion du paganisme. En 323, la lutte entre Constantin et lui se renouvelle. De nouveau ils se disputent l'empire du monde. Mais Licinius est vaincu dans deux grandes batailles, et mis à mort peu après par l'ordre de son heureux rival. Constantin, resté seul maître, transporte le siège de l'empire à Byzance, et la nouvelle ■capitale, à laquelle il donne son nom, — Constantinople, — est solennellement inaugurée en 330.

1. L'ancienne Cirta, restaurée par Constantin, auj. Constantine.

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