‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 238 sur 324 · En latin Manichaeus · texte numérisé non relu

En latin Manichaeus

2. « La téméraire doctrine de Manès, d'un principe du mal personnel, indépendant, éternel, en lutte constante avec le principe du bien, était seulement une simplification du Gnosticisme arrivé à sa dernière expression sous la pression des causes qui devaient le détruire. » Isaac Taylor, Ancient Christianitij, I, 149.

était infatué de sa personne au point de se prétendre le Paraclet ^ promis, et d'assurer qu'il était venu pour donner une connaissance plus parfaite des vérités révélées. Le nombre croissant de ses adhérents excita la jalousie du clergé persan, et il fut cruellement mis à mort par ordre du roi Varannes P'" (272-276). Partout ses disciples furent persécutés; le nom même de Manichéen devint une insulte. Pourtant, leur accroissement ne cessa point, et, pour un instant du moins, le grand Augustin se laissa séduire par les subtilités de leur doctrine ^

Mais rÉglise devait s'apercevoir que les plus rudes ennemis sont ceux du dedans et non ceux du dehors. La plupart des erreurs qui détournèrent de l'orthodoxie les esprits des chrétiens du m'' siècle eurent pour point de départ les spéculations sur les rapports du Fils et de Dieu le Père. Dans leur zèle à maintenir Tunité de Dieu, plusieurs docteurs chrétiens ne voulaient reconnaître d'autre personne divine que Dieu, le Père. C'étaient les Monarchiens, On peut les diviser en deux catégories. Les uns enseignaient que Jésus- Christ était un homme comme les autres hommes, mais qu'il avait reçu une puissance et une sagesse divines plus grandes que celles de n'importe quel autre prophète. Les seconds, que les noms de Père et de Fils n'étaient pas autre chose que deux différents noms du même et unique Dieu. Ceux-là — parmi lesquels Théodose occupe un rang prééminent — ne voyaient en Christ que sa nature humaine, et ils laissaient complètement dans l'ombre sa nature divine. Ceux-ci, au con-

1. IlapdcxXYjToç, avocat, défenseur, consolateur. Jean, xiv, 16.

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