Socrate le Scholast., H. E., liv. I, chap. vi
2. Chaste], Hist. du Christianisme^ II, 474. — Lettre à Eusèbe, évêque de Nicomédie. Théodoret, H. E., liv. I^ chap. v. — Schaff, Nicene Christianity, 619, 620, dit : « La controverse arienne provient d'une part des éléments contradictoires de la christologie du grand Origène, qui sont eux-mêmes un résultat de l'état encore rudimentaire [crude) de Tesprit chrétien au m» siècle; et ensuite de l'antagonisme théologique entre Alexandrie et Antioche. Sans doute, Origène reconnaissait au Christ
Bien que cette doctrine soit basée sur une grave erreur scripturaire, et que sa tendance doive forcément aboutir à la destruction du fondement même de la foi chrétienne, nous n'en concluerons pas qu'Arius eût conscience d'émettre des opinions différentes de la croyance générale de l'Église. « Il ne pensait pas, dit Néander, qu'il prêchait une doctrine nouvelle. Il était animé d'un zèle sincère pour ce qu'il croyait vrai, en même temps que d'un grand amour de la clarté et de la logique. Mais il lui manquait la profondeur de l'intuition religieuse et de la conception des vérités chrétiennes. Il avait reçu sa direction personnelle, en matière d'exégèse, de l'école d'Antioche. Son but était de défendre la doctrine traditionnelle de l'Église sur la Trinité contre les Sabelliens et les Gnostiques, et de l'exposer d'une manière acceptable. Il ne se rendait pas compte lui-même des résultats auxquels sa tendance et ses principes devaient conduire. On est en droit néanmoins de conclure que si TArianisme avait pu triompher, les hommes ne se seraient pas contentés de ce qui paraissait suffisant à Arius, et que les doctrines transcendantales de l'Évangile auraient trouvé ailleurs leur expression. A l'homme qui a compris la vraie portée de la doctrine de la divinité du Fils, et son lien avec le système chrétien tout entier, la doctrine arienne devait toujours paraître incompatible avec l'essence même du christianisme. On ne saurait donc s'exagérer
l'éternité et les autres attributs divins. Mais, dans son zèle à établir dans la divinité les distinctions de personne, il enseignait une diversité d'essence entre le Père et le Fils, et la subordination de ce dernier. Il en faisait une sorte de deuxième Dieu, de Dieu secondaire, audessous du Père. Il se trouvait donc, par là, fournir un point de départ à l'hérésie arienne. »
la grande importance de cette controverse, non seulement en raison de l'objet spécial sur lequel elle portait, mais aussi au point de vue du christianisme en général. »
Lorsque la controverse arienne éclata, Arius était en pleine maturité. Il avait, nous dit-on, la taille élevée, élégante, et des manières affables. Son visage paie respirait le calme et la modération. Enfin, il était d'un ascétisme rigide. Mais cet extérieur prévenant cachait — si nous en croyons ses ennemis (et nous n'avons pas d'autre source d'information) — un caractère querelleur et intrigant, un orgueil et une ambition démesurés ^
Lorsqu'Arius eut connaissance de la décision du concile, il se retira en Palestine, puis à Nicomédie, où il trouva un protecteur dans Eusèbe, évêque de cette ville, son ancien condisciple, devenu l'un de ses partisans ^. Il profita de son exil pour écrire des lettres où il exposait ses opinions, et pour composer, en vue de leur propagation, des hymnes ou cantiques populaires, spécialement destinés aux marins, aux meuniers, aux voyageurs, et qu'on pouvait chanter à table \
Mais si Alexandrie était débarrassée d'Arius, elle ne pouvait l'être aussi facilement de ses doctrines. Bien au contraire, elles ne tardèrent pas à envahir l'Égypte et la Lybie. De là elles passèrent en Syrie, où les évéques les
1. Néauder, Christian Dogmas, p. 286, et Church. Hist., IV, 8, 9.