Idem, liv. III, chap. iv
comme du temps où l'Église était attaquée par les ennemis du dehors. C'étaient maintenant des citoyens d'une même ville, habitant sous le même toit, s'asseyant à la même table, qui combattaient entre eux, et leurs langues étaient acérées comme des lances K » Les païens se moquaient des chrétiens; leurs disputes étaient portées sur le théâtre et l'empereur chrétien lui-même excitait un tel mépris, que ses statues étaient indignement traitées ^
Ces faits ouvrirent enfin les yeux de Constantin. Il comprit qu'il s'était trompé et que la doctrine en question n'était ni si futile, ni si abstruse. Sans doute, les Ariens étaient pour lui des perturbateurs de la paix publique, mais son expérience avec les Donatistes lui avait appris que ces sortes d'affaires ne se règlent ni par un décret impérial ni par les armes. Il lui restait une seule ressource, celle de convoquer un concile œcuménique qu'il présiderait lui-même, et dans lequel cette question et celle du moment de la célébration de la Pàque seraient menées à bonne fin. En conséquence, un concile général fut convoqué à Nicée, ville importante de Bithynie, pour le mois de juin 325.
On envoya des messagers dans toutes les parties de l'empire pour convier les évêques à cette nouvelle et auguste assemblée. Les postes impériales reçurent l'ordre de faciliter leur voyage par tous les moyens possibles, de préparer des chariots ou des montures, comme s'il se fût agi d'une affaire d'État; le tout gratuitement. Enfin le trésor public se chargea de couvrir toutes les
1. Théodoret, H. E., liv. I, chap. vi. Des quatre anciens historiens cités dans ce chapitre, Eusèbe seul était contemporain. Les trois autres, Socrate le Scholastique, Sozomèoe et Théodoret, écrivaient un siècle plus tard.