‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 243 sur 324 · Eusèbe, Constantin^ liv. III, chap. iv · texte numérisé non relu

Eusèbe, Constantin^ liv. III, chap. iv

dépenses des délégués pendant le temps de leur réunion \

Environ trois cent vingt évêques répondirent à Fappel. Avec eux un bien plus grand nombre encore de prêtres, de diacres, d'acolytes (sous-diacres) et même de laïques, « beaucoup d'hommes pieux et instruits des provinces environnantes » ayant été attirés à Nicée par une circonstance si extraordinaire et si nouvelle, ou par le désir de voir l'empereur. Il n'est pas jusqu'à des philosophes païens que le concile amena à Nicée. Peut-être voulaient-ils s'instruire; ou plutôt, exaspérés par la répression récente du paganisme, peut-être voulaient-ils saisir avec empressement une occasion de semer la division parmi les docteurs chrétiens, en les mettant aux prises les uns avec les autres ^

C'est surtout de TOrient que vinrent les ecclésiastiques; l'Europe n'avait pas encore été agitée par le schisme, et les seuls délégués d'Europe, depuis la Grèce vers l'Occident, étaient Osius, de Gordoue, Gécilien de Garthage et deux prêtres romains, représentant le vieil évêque Sylvestre ^

1. « L'organisation du service postal dans l'empire rendait ces arrangements bien plus commodes alors qu'à aucnne période du moyen âge. Les chemins de grande communication étaient comme nos voies ferrées et s'étendaient, droits comme des flèches, d'un bout de l'empire à l'autre. Des documents quelque peu postérieurs nous apprennent qu'il y avait, entre Bordeaux et Constantinople,deux cents stations postales et quatre-vingt-onze hôtelleries. On trouvait une hôtellerie à chaque demi-journée de chemin. Chaque évêque devait avoir comme suite deux prêtres et trois esclaves. » Stanley, Eastern Church., LecL III, 93.

2. Sozomène, liv. I, chap. xvn, xvni; Eusèbe, Constantin, liv. III, chap. vi-ix. Socrate, liv. I, chap. vm.

3. Il reste encore trois listes des membres du concile : une en grec, une en syriaque, une en copte. Elles diffèrent sur certains points de détail. Aucune n'indique un nombre d'évêques égal à celui que nous donnons. Peut-être, cependant, ne serons-nous pas loin de la vérité en disant que l'Asie Mineure envoya environ les deux cinquièmes des

Plusieurs des délégués portaient encore les marques de leurs souffrances durant la dernière persécution. Tel évêque d'Asie avait perdu l'usage de ses deux mains, traversées par un fer rouge; d'autres, comme Paphnutius, de la Haute -Égypte, avaient eu l'œil droit arraché; d'autres n'avaient plus leur bras droit. En un mot, dit un historien avec une exagération d'ailleurs digne d'indulgence, c'était une assemblée de martyrs K

Avant l'ouverture du concile, les partisans des opinions opposées se livrèrent à de fréquentes discussions, en présence d'une foule d'auditeurs. Une fois, au milieu d'une discussion de ce genre, un laïque sans culture, mais qui avait montré une grande fermeté au milieu de la persécution, s'avance entre les deux adversaires, leur reproche de se laisser aller à de vains raisonnements, en ajoutant que Christ et ses Apôtres ne nous avaient pas légué l'art de la logique et des subtilités sans portée, mais la vérité nue, qu'il fallait conserver par la foi et les bonnes œuvres ^. Une autre fois, un philosophe païen se vantait de ses talents de dialecticien et commençait même à tourner en ridicule quelques prêtres âgés, lorsque tout à coup un ancien confesseur, ignorant dans la dialectique, s'avance vers lui et lui adresse les paroles suivantes : « Au nom de Jésus-Christ, philosophe, écoute-moi ! Il y a un seul Dieu, qui a créé toutes choses par la puissance du Verbe, et les a affermies par la sainteté de son Esprit. Le Verbe, que nous appelons

membres, et la Syrie (Phénicie, Palestine et Arabie comprises) un quart. Il vint un évêque de Perse et un de la Gothie. B.-H. Gowper, Syriac MisceJlanies, J861. Schaff, Nicen.e Christianity, p. 624.

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