Eusèbe, Constantin, liv. III, chap. x
donc, chers ministres de Dieu, d'écarter toutes les causes de dispute, de couper toutes les têtes de Thydre de l'hérésie et d'établir la paix K »
Beaucoup d'ecclésiastiques étaient venus au concile, semble-t-il, dans l'espoir d'obtenir le redressement de certains griefs personnels ou de parti. La veille, une quantité de pétitions avaient été présentées à l'empereur. Les ayant apportées avec lui, il donna l'ordre de les brûler en sa présence et dit à leurs auteurs que leurs accusations mutuelles se produiraient de nouveau au dernier jour, et qu'elles seraient alors jugées par le souverain juge ^
Mais l'excitation était trop grande pour que cette action de Constantin et le discours qui l'avait précédée pussent calmer les esprits. « A peine, dit Eusèbe, les membres du concile eurent-ils la faculté de parler, que les uns commencèrent à attaquer leurs plus proches voisins, les autres à se défendre et à accuser à leur tour. » Et l'historien Socrate : « C'était comme une bataille dans la nuit; aucun des partis ne semblait comprendre exactement les motifs au sujet desquels ils se calomniaient entre eux ^ » « Une foule de questions diverses, continue Eusèbe, furent soulevées de part et d'autre, et les disputes devinrent ardentes et tumultueuses. L'empereur prêta à tout et à tous une oreille patiente, louant l'un, calmant l'autre, raisonnant et discutant avec courtoisie et impartialité, et donnant son opinion en grec, langue qu'il parlait avec assez de facilité *. »