‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 247 sur 324 · Eusèbe, Constantin, liv. III, chap. xii · texte numérisé non relu

Eusèbe, Constantin, liv. III, chap. xii

2. Socrate, liv. I, chap. viii. Sozomène, liv. I, chap. xvii. On ne sait pas exactement à quel moment précis les pétitions furent brûlées.

3. Eusèbe, Constantin, liv. III, chap. xui ; Socrate, i/. E.,\iv. I, chap.xxm.

4. Idem. — Sozomène dit cependant que Constantin ignorait presque entièrement le grec. H. £"., liv. I, chap. xx.

La controverse arienne porta à rextrème un désir qui s'était manifesté dans l'Église, depuis le moment où l'élément sacerdotal y avait pris la haute main. On voulut avoir une confession de foi que tous devaient adopter. On n'avait pas encore compris — l'a-t-on compris de nos jours? — qu'un tel résultat, si désirable à atteindre qu'il paraisse, ne l'est pas en réalité, et que les chemins qui y conduisent amènent nécessairement à manquer de charité, à être intolérant, à persécuter. Jusqu'alors, il est vrai, on avait possédé de très longue date, dans quelques Églises, de courtes formules résumant la foi chrétienne. La plus ancienne dont nous ayons connaissance se trouve dans Irénée (182-188) \ Les écrits de Tertullien en contiennent deux ou trois, et Tune d'elles est presque semblable au Symbole des Apôtres, sous sa plus ancienne forme, c'est-à-dire tel qu'il était employé au iv^ siècle ^

La première confession de foi qui fut présentée au concile provenait de l'une des Églises d'Orient, et n'était identique à aucune de celles que nous venons de mentionner. Eusèbe de Gésarée la lut comme étant « celle qui, dès le début, avait été admise par les évêques de son Église ». Les termes en étaient, le plus souvent, empruntés à l'Écriture. La divinité du Christ y

1. Elle manque de méthode, et contient plusieurs membres de phrases laissés de côté plus tard. Irénée, Contre les hérésies, liv. I, chap. X, § 1 .

2. Traité des Prescriptions^ chap. xni; Bu voile des Vierges^ chap. I. — Voici l'ancienne forme du Symbole des Apôtres : Je crois en Dieu le Père tout-puissant et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est né de la Vierge Marie par le Saint-Esprit, a été crucifié sous Ponce-Pilate, a été enseveli, est ressuscité des morts le troisième jour, est monté au ciel, et est assis à la droite du Père, d'où il viendra pour juger les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Eglise, à la rémission des péchés et à la résurrection du corps. — Voy. Mosheim, Hist. EccL, I, 121 et 544 (trad. F.-B. de Félice)..

était distinctement constatée, mais avec des expressions telles que si, prises absolument, elles étaient en contradiction avec les opinions des Ariens, on pouvait néanmoins leur donner un sens acceptable même pour eux. D'après l'une de nos sources d'informations, ce document aurait été universellement désapprouvé et immédiatement déchiré. D'après les autres, le parti de l'évêque Alexandre en aurait accepté les divers articles, mais en ajoutant que cette confession de foi étant susceptible d'une double interprétation, il fallait y insérer quelques propositions ou quelques mots nouveaux condamnant expressément « les doctrines blasphématoires d'Arius ». C'est à cette opinion que l'empereur, influencé par Osius et ses partisans, donna le poids de son autorité. Aussi le parti opposé aux Ariens y introduisitil, en définissant la nature divine du Fils de Dieu, le mot Homooiision (ojj-oo'jctwç, ayant la même existence, la même essence, la même substance que le Père), et ce mot fut choisi, nous dit-on, comme étant particulièrement désagréable aux Ariens \ Non -seulement cela, mais de nouveaux articles encore furent ajoutés, dans le but de mettre Arius et ses adhérents complètement en dehqirs de l'Église orthodoxe, tandis que, d'un autre côté, l'anathème était prononcé contre tous ceux qui professeraient des opinions hérétiques. Malgré la répu-

1. Le mot homoousios se trouve dans la Thalia d'Arius. « Le Fils^ dit-il, n'a rien en propre de spécial à Dieu. Il n'est, en effet, ni égal à Lui, ni de même substance que Lui. » Epitre cTAthanase aux concile.'; de Rimini et de Séleucie. Library of the Fathers, p. 95. — Fait digne de remarque ! ce même mot homoousios avait été condamné par le concile d'Antioclie (264) siégeant pour juger l'hérétique évêque Paul de Samosate. Neale, Historij of the Holy Eastern Church, Patriavchate of Antioch, by Williams, p. 49. Voy. cependant la note ajoutée à VÈpUre d'Athanase. Ubi suprà, p. 465-176.

gnance de beaucoup des délégués des Églises orientales pour des expressions susceptibles, comme le mot homoousion, d'une interprétation matérielle; malgré le nombre de ceux qui étaient unis de cœur avec Eusèbe de Gésarée et formaient le parti des semi-Ariens, la tactique du parti orthodoxe réussit, et la formule qu'il présenta fut acceptée par la presque totalité des membres du concile ^ C'est le célèbre Symbole de Nicée, dont voici la teneur :

Nous croyons en un seul Dieu tout-puissant, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, — Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubstantiel au Père, — par qui toutes choses ont été faites, celles qui sont au ciel et celles qui sont sur la terre; qui pour nous, hommes, et pour notre salut, est descendu du ciel, s'est incarné, a séjourné parmi les hommes, a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et en reviendra pour juger les vivants et les morts. — Et au Saint-Esprit. — Quant à ceux qui disent qu'il y avait un temps où il n'était pas, qu'il n'était pas avant d'être ■engendré, et que le Fils de Dieu a été fait de rien, ou qu'il est d'une autre hypostase ou essence, ou créé, ou

1. Néander, IV, 20-24. Parmi les évêques convoqués au concile, se trouvait Grégoire l'Iiluminateur, l'apôtre de l'Arménie. Incapable de pouvoir s'y ren lre, il y envoya son fils, qui lui en rapporta les décrets. Cet homme vénérable, en lisant le symbole, fut rempli de joie et s'écria : « Louons maintenant Celui qui était avant que les mondes fussent, adorons la très sainte Trinité et la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, maintenant et à jamais. Amen !» Ces paroles sont encore ajoutées au Symbole toutes les fois qu'on le dit dans l'Église arménienne. Bict. Christ. Biog., art. St. Gregorius (7).

sujet à la mutabilité ou au changement, FÉglise catholique les anathématise \

Le lendemain, lorsque le concile se réunit de nouveau, Eusèbe de Gésarée exprima en termes énergiques sa désapprobation de certains des articles nouveaux. Après plusieurs explications et par amour pour la paix, à ce qu'il dit, il finit par céder. Il satisfit les exigences de sa conscience en interprétant les mots, de façon à les faire concorder plutôt avec ses convictions personnelles qu'avec les intentions de ceux qui les avaient introduits dans le Symbole. D'autres firent comme lui.

Tout d'abord, dix-sept évêques, tous Ariens stricts, probablement, avaient refusé d'accepter la décision de la majorité. Mais lorsqu'ils surent que le Symbole serait publié au nom de l'empereur et revêtu de son autorité, et que le refus de se soumettre entraînerait la perte de leur place et des faveurs impériales, la plupart se soumirent. Deux évêques seulement et Arius demeurèrent fermes. C'étaient Théonas de Marmarica et Secundus de Ptolémaïs, qui repoussèrent absolument le nouveau Symbole. Au contraire, Eusèbe de Nicomédie et Théognis de Nicée, amis intimes d'Arius, l'adoptèrent, mais en refusant de souscrire à l'anathème qui le terminait, parce qu'ils ne croyaient pas, d'après ce qu'ils connaissaient des écrits ou des discours d'Arius, qu'il eût réellement enseigné ce dont on l'accusait

Il restait à déterminer le temps de la célébration de la Pâque. Ici, l'unanimité fut plus grande encore, mais

4. Bingham, ÂJitiq. of the Church., liv, X, chap. iv, § 14. Schaff. Nicene Christianity, 667-610. Il y a plusieurs variations de mots suivant les différentes sources. Le concile de Constantinople (381) développa plus tard ce Symbole.

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