‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 255 sur 324 · Ide77î, p · texte numérisé non relu

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ses efforts pour les calmer, Athanase déploya parfois plus de zèle que de discernement. En 335, Constantin était obligé d'intervenir de nouveau. Il était alors dans la trentième année de son règne; l'église magnifique qu'il avait fait élever sur l'em.placement du Saint-Sépulcre venait d'être terminée, et il avait invité les évêques des contrées environnantes à venir assister à sa dédicace. Désireux d'amener la paix entre Athanase et ses adversaires, il ordonna aux évêques de se réunir à - Tyr, sous la présidence d^Eusèbe de Césarée, pour examiner la question. De là, ils devaient se rendre à Jérusalem. Athanase réfuta victorieusement quelques-unes des accusations extravagantes portées contre lui ; d'autres, au contraire, relevées en Égypte même par un comité composé uniquement d'adversaires, furent, paraît-il, reconnues vraies. Se voyant à la merci de juges prévenus, Athanase résolut d'en appeler à l'empereur luimême et partit aussitôt pour Gonstantinople. Au moment où il arriva, accompagné de quelques prêtres, l'empereur entrait à cheval dans la ville. Athanase se présente, et l'empereur, ne le reconnaissant pas, ordonne qu'on récarte. Mais l'évêque persiste, se fait connaître et demande seulement que le synode qui doit le juger soit réuni à Gonstantinople même, pour que l'empereur puisse présider les débats. Constantin y consent, et les évêques, déjà à Jérusalem, sont invités à se rendre dans la capitale. Quelques-uns seulement obéissent \ Mais les adversaires d'Athanase, au lieu de reproduire à Constantinople les accusations qu'ils avaient fait valoir à Tyr, en mettent en avant une nou-

1. Néander, IV, 34, 33. — Socrate, liv. I, chap. xxxiv, xxxv.

velle, d'une gravité bien plus grande. Ils affirment que l'évêque d'Alexandrie a dit qu'il était en son pouvoir d'empêcher les grands envois de grains, nécessaires à l'alimentation de Gonstantinople et qui, deux fois par an, partaient d'Alexandrie. L'empereur ajouta-t-il foi à une pareille accusation, ou fut-il heureux de trouver un prétexte pour se débarrasser de l'intraitable évôque? On ne sait. Toujours est-il qu'Athanase fut exilé à Trêves (336).

Arius triomphait donc. Dans sa session à Jérusalem, le synode l'avait solennellement réintégré dans l'Église, et lui-même voulut rentrer à Alexandrie. Mais les fidèles de cette ville étaient trop attachés à leur évêque exilé, pour le laisser s'installer paisiblement. A peine est il arrivé que de nouveaux troubles commencent. Constantin l'apprend, et désirant par-dessus tout maintenir la paix, il demande des explications à Arius. Celui-ci en donne qui satisfont l'empereur ; à la demande du souverain, il envoie ensuite une nouvelle confession de sa foi et s'engage à la confirmer par serment. En réponse, Constantin décide que c'est à Constantinople même et avec toute la pompe nécessaire, qu'Arius sera réinstallé dans ses fonctions.

La cérémonie devait avoir lieu un samedi, jour de culte comme le dimanche. Mais l'évêque Alexandre, champion ardent de Thomoousie, refusa d'ouvrir les portes de l'église. Les amis d'Arius, nombreux à Constantinople, le menacèrent alors d'obtenir un ordre de l'empereur et de forcer les portes, s'il ne consentait pas à les ouvrir le lendemain. Dans sa grande perplexité, l'évêque Alexandre resta longtemps prosterné, à ce qu'on raconte, devant l'autel de son église, priant Dieu

de l'ôter de ce monde, pour qu'il ne fût pas obligé d'agir contre sa conscience, ou de permettre qu'Arius fût écarté. Le soir même, Arius mourait

Quelque effet que la mort d'Arius ait pu produire sur l'esprit de Constantin, il ne l'amena pas à des sentiments plus doux vis-à-vis d'Athanase. Il rejeta avec mépris toutes les pétitions qui lui furent envoyées d'Alexandrie en faveur d'un évêque bien-aimé, et il ne parla plus désormais d'Athanase que comme d'un prélat orgueilleux, turbulent, obstiné et intraitable. Ce ne fut que l'année suivante et sur son lit de mort, qu'il consentit à le rappeler, malgré tous les efforts d'Eusèbe de Nicomédie ^

Constantin était tombé malade au moment où il partait pour une expédition contre la Perse. Sentant sa maladie mortelle, il demanda enfin à recevoir le baptême, qu'il avait si longtemps différé. On en était venu, dit Stanley % à attacher au baptême « une signification à peu près analogue à celle que les païens attachaient aux purifications et aux ablutions de leurs cultes. On y voyait une expiation et un effacement de tous les péchés antérieurs. Constantin donc, en partie par suite de craintes superstitieuses, en partie pour prendre ses précautions en vue de la vie future, après avoir tiré

1. Néander, IV, 35-40. — Suivant Socrate le Scholastique, Arius serait mort le dimanche matin, au moment où il se rendait triomphalement du palais impérial à l'église. Il arrivait au forum de Constantin (oii se trouvait la célèbre colonne de porphyre) lorsqu'il fut pris d'un violent dérangement, accompagné d'une hémorragie, et mourut presque immédiatement. H. E., liv. I, chap. xxxvm. Athanase dit qu'il ne mourut que le soir, « par le jugement de Dieu ». Il avait plus de •quatre-vingts ans. Néander, ubi supra.

2. Milman, II, 382, 383. Suivant d'autres historiens, ce furent les fils de Constantin qui autorisèrent le retour d'Athanase. Waddington, I, 202. Mosheim, I, 422 et 382 (trad. de Félice}.

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