‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 256 sur 324 · Stanley, Eastern Church · texte numérisé non relu

Stanley, Eastern Church

librement parti de la vie présente, se fit baptiser au dernier moment, de façon à couvrir tout le passé possible et à n'avoir devant lui que l'avenir le plus restreint. » Il fit à genoux, dans l'église des Martyrs, une confession de ses péchés, puis se retirant dans son palais, au faubourg de Nicomédie, il convoqua les évêques, et leur dit que son intention avait été de recevoir le baptême dans le Jourdain, comme le Sauveur, mais que Dieu, dans sa sagesse, en avait décidé autrement. Il les priait donc de ne point différer davantage. Aussitôt, il quitta son vêtement de pourpre, et la cérémonie fut accomplie ; puis, vêtu de blanc, il revint au palais et se coucha sur son lit royal en attendant sa fm.

Étant ainsi, comme le dit Eusèbe dans son style de courtisan, « le premier de tous les empereurs à être régénéré par la nouvelle naissance du baptême, il s'écria, dans l'enthousiasme de la foi : Je sais maintenant que je suis heureux et que je jouirai de la vie éternelle en présence de Dieu ^ » Et plus tard, lorsque les officiers de son armée, autorisés à l'approcher, déploraient sa fin prochaine, il leur répondit : « qu'il venait seulement de commencer à vivre et qu'il était impatient d'aller au ciel. » Il mourut en 337, dans la soixante-quatrième année de son âge et la trente et unième de son règne.

La nouvelle de la mort de Constantin causa d'universels regrets. « L'armée en deuil ressemblait à un troupeau privé de son pasteur, et Ton voyait le peuple

1. Eusèbe ne trouve pas un mot de blâme pour le retard apporté par Constantin à son baptême. — En 314, le concile de Néo-Césarée déclarait indignes ceux qui, par superstition, différaient leur baptême (cauon 12). Cependant, jusqu'au siècle, cette habitude ne disparut pas. A partir de ce moment-là, elle disparut peu à peu à mesure que le baptême des enfants devenait plus universel. Schafî, p. 484.

parcourir la ville en poussant des cris de douleur et en versant des larmes. » Le corps fut enveloppé dans une étoffe d'or, couvert d'un manteau de pourpre et porté à Gonstantinople. Il fut déposé sur un lit d'or, entouré de cierges dans des chandeliers d'or et exposé durant plusieurs jours K A Rome, Constantin fut mis au rang des dieux comme ses prédécesseurs, et on offrit de l'encens à sa statue. A Gonstantinople, il s'était préparé luimême un tombeau dans la magnifique église qu'il avait fait bâtir ^ et l'avait placé entre douze piliers élevés en l'honneur des douze apôtres. C'est là qu'il fut enseveli, et l'Église, en reconnaissance de ses actes, le canonisa ainsi que sa mère, l'impératrice Hélène, sous le nom pompeux des Isapostoles, ou égaux aux apôtres ^.

La ville de Gonstantinople est un monument durable du génie de Constantin. Son choix, comme capitale de l'empire, est aussi remarquable que celui des bouches du Nil, par Alexandre, pour l'établissement d'un centre commercial. Au reste, la fondation de la ville n'eut point lieu sans une intervention miraculeuse analogue à celle qui avait précédé la défaite de Maxence. Mais l'empereur pensait-il au Dieu de Romulus ou au Dieu de David? G'est ce qu'il serait téméraire de décider.

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