‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 264 sur 324 · Brit. Quart. Rev., Oct. 1880, p · texte numérisé non relu

Brit. Quart. Rev., Oct. 1880, p

4. Il nous parle, par exemple, d'une femme âgée qui s'était furtivement glissée parmi les fidèles au moment du sacrifice. Mais lorsqu'elle reçut le pain, il sembla que ce lut un coup d'épée, car, comme si elle eût absorbé un poison mortel, elle tomba frissonnante et tremblante au milieu de tourments inconnus. Elle avait pu tromper des hommes; elle ne pouvait éviter un juste châtiment. H mentionne encore le cas d'un homme qui, se hasardant, malgré son indignité, à vouloir prendre sa part des espèces du sacrifice, ne trouva plus dans sa main que des cendres. De Lapsis, XXV, XXVI.

cette affirmation, il invoque, en la mésinterprétant, la parole du Christ, qui menace et dit : « si vous ne mangez la chair du Fils de Thomme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous-mêmes \ » Dans les écrits catéchétiques de Cyrille, évêque de Jérusalem, composés entre 347 et 350, c'est-à-dire peu d'années après la fm de la période dont nous nous occupons, il y a une description de l'eucharistie. Elle peut nous servir à comprendre, à peu de chose près, ce qu'étaient les cérémonies de l'Église vers l'époque de la mort de Constantin. Cyrille insiste avec une énergie toute particulière sur la transformation miraculeuse du pain et du vin en corps et en sang. Parlant des « espèces », il dit : c( Je vous conjure donc, mes frères, de ne plus les considérer comme du pain et du vin ordinaires, car, conformément à la parole même de Christ, ils sont devenus son corps et son sang. Que vos sens vous disent le contraire, je l'accorde; mais votre foi doit l'affirmer. Soyez persuadés, comme d'une chose absolument certaine, que le pain que vos yeux voient n'est pas du pain, et malgré son goût, ne doutez pas que ce ne soit le corps du Christ; de même, malgré vos yeux, malgré votre goût, affirmez que le vin n'est pas du vin, mais le sang de Jésus Christ.... Lorsque le diacre dit à haute voix : embrassez-vous, donnez-vous le baiser de paix, nous nous saluons les uns les autres. Et lorsqu'après le prêtre officiant dit : En haut les cœurs {sursum corda), parce que dans ce moment solennel vos

1. Jean, VI, 53. Le texte ne dit pas : vous n'aurez pas..., mais vous n'avez pas (oOv. tyzxz). Cyprien, De V Oraison dominicale^ chap. xvm. Voy. cependant, p. 285 ci-dessus, sa lettre aux Confesseurs dans les mines.

cœurs doivent s'élever à Dieu et non s'abaisser aux choses de la terre, vous répondez : Nous élevons nos cœurs à Dieu.... Puis nous redisons l'hymne sacré, que les séraphins chantent dans les cieux en l'honneur des trois personnes de la Trinité, afin de pouvoir mieux prier Dieu de faire descendre son Saint-Esprit et de transformer le pain en corps et le vin en sang.... Puis après que le sacrifice spirituel, c'est-à-dire le culte sans effusion de sang, est terminé, nous prions Dieu pour la paix de toutes les Églises, la prospérité du monde, des rois, des soldats et des alliés, des malheureux, de ceux qui sont sous le coup d'épreuves spéciales, et généralement de tous ceux qui ont besoin d'aide. Nous mentionnons tous ceux qui sont entrés avant nous dans leur repos, patriarches, prophètes, apôtres, martyrs, afin que Dieu reçoive nos prières grâce à leurs prières et à leur intercession. Nous n'oublions pas non plus les bienheureux pères ou évêques et tous les prêtres qui nous ont devancés dans la tombe, croyant que ce sera pour le plus grand bénéfice de ceux pour qui ces prières sont offertes, tandis que le sacrifice le plus saint et le plus

imposant est encore sur l'autel Quand vous vous

approchez pour communier, vous ne devez pas avoir les mains étendues ou les doigts écartés, mais votre main gauche devra soutenir votre main droite, qui va recevoir un si grand roi, et c'est dans le creux de la main qu'il sera déposé. Vous direz alors : Amen. Puis, après que vous aurez sanctifié vos yeux par le contact d'un corps si saint et si vénérable, vous communierez en le mangeant. Prenez bien garde qu'aucune parcelle n'en tombe à terre; considérez comme aussi grave que la perte d'un de vos membres la perte de la

moindre miette. Si l'on vous donnait des lingots d'or, avec quel soin ne les conserveriez-vous pas ! Avec quel soin, bien plus grand encore, ne devez-vous donc pas conserver la moindre miette de ce qui est infiniment plus précieux que l'or et les diamants!.... Après avoir ainsi participé au corps de Christ, approchez de vous la coupe de son sang. Non pas en étendant vos mains, mais en vous inclinant comme pour l'adorer et lui rendre hommage; puis dites : Amen. Sanctifiez-vous alors par le contact du sang de Christ que vous recevez, et pendant que vos lèvres sont encore humides, essuyezles avec votre main, que vous porterez de suite à vos yeux, à votre front et aux organes de vos sens, pour les consacrer K »

Le Baptême. — L'idée que le baptême d'eau est nécessaire au salut s'est de plus en plus enracinée dans les esprits, et on baptise les enfants dès le huitième jour, ou même avant, de peur qu'ils ne soient, sans cela, éternellement damnés ^ Les Becog?2itw?2s Clémentines décrivent en style emphatique la vertu du baptêm^e. « Hàtez-vous, disent-elles, car il y a dans l'eau du baptême une puissance de grâce; ceux qui la reçoivent sont garantis du châtiment à venir. Celui qui tarde est encore dominé par l'incrédulité, qui est une idolâtrie; elle Tempêche de se hâter vers les eaux salutaires. Que

1. Cinquième Sei^mon Mystagogique pour les nouveaux baptisés, d'après la Bibliothèque des Auteurs ecclésiastiques de Dupin. — On le voit, à mesure que le besoin d'un enseignement vraiment spirituel se faisait davantage sentir, cet enseignement s'obscurcissait et se compliquait. Ce n'est pas seulement Cyrille, si porté au ritualisme, c'est le grand Origène lui-même, qui est entraîné par de telles interprétations matérialistes. On en a vu plus haut (d. 403) la preuve.

2. Le baptême des enfants n'était pas encore, nous l'avons montré ailleurs, universellement admis alors. Quant au huitième jour, c'était un souvenir de la circoncision. Cyprien, Ep., LVIII, § 2.

vous soyez juste ou injuste, le JDaptême est indispensable; le juste en a besoin pour devenir parfait et naître de nouveau à Dieu; Tinjuste, pour obtenir le pardon des péchés qu'il a commis par ignorance K » Gyprien, imbu de la même erreur, va jusqu'à dire des paroles du Christ à la Samaritaine : « Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, » « qu'elles désignent le baptême d'eau qui donne le salut et qui, administré une fois, ne l'est jamais deux ^ »

Pour avoir une description du baptême tel qu'il était pratiqué vers l'époque où nous sommes, nous devons une fois encore recourir aux écrits catéchétiques de Cyrille. Le lecteur sera frappé de toutes les cérémonies extérieures qui sont venues le compliquer depuis Justin-Martyr et Tertuliien \ « Durant tout le carême, dit-il, les catéchumènes se sont réunis jour après jour dans l'église de la Résurrection à Jérusalem, pour prier ensemble et recevoir l'instruction catéchétique. A la fin du jeûne, le samedi avant Pâques, tous ceux qui doivent recevoir le baptême s'assemblent dans la chambre extérieure du baptistère. Se tournant vers l'ouest, comme vers la demeure des ténèbres et de leur puissance, ils font, les mains étendues, une renonciation publique à Satan. Puis, se tournant vers l'est, demeure de la lumière, ils disent : Je crois au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et au seul baptême de repentance. Cela dit, ils entrent dans la chambre intérieure, quittent

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