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leurs vêtements et sont oints cVhuile des pieds à la tête. On les conduit ensuite par la main aux fonts baptismaux et on demande à chacun : Crois-tu au Père, au Fils et au Saint-Esprit? et les catéchumènes confessent leur foi, se plongent trois fois dans Teau et trois fois se tiennent debout, rappelant ainsi les trois jours que le Seigneur resta dans le sépulcre, et sa résurrection. De sorte que Teau qui sauve leur donne à la fois la mort et la vie, et elle est pour eux une tombe et une mère. » Les baptisés étaient ensuite habillés de blanc, et on leur oignait le front, les oreilles, les narines, et la poitrine. Ils participaient à la communion, puis entraient dans l'église en procession, des cierges allumés à la main, et en chantant : « Heureux celui à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné! Heureux rhomme à qui rÉternel n'impute pas l'iniquité, et dans l'esprit duquel il n'y a point de fraude »
Une des questions qui divisaient l'Église au temps de Gyprien était la validité du baptême administré par les dissidents. Un hérétique rentrait dans l'Église orthodoxe : son baptême était-il suffisant, ou fallait-il renouveler la cérémonie? Les Églises d'Asie Mineure et des contrées environnantes, ainsi que Gyprien et les Églises
1. Cyrille, Catéchèses, d'après Dict. Christ. Antiq., I, 157. — Dans les Constitutions Apostoliques sont mentionnées quelques cérémonies supplémentaires. Le « Grand Prêtre » doit bénir l'huile d'onction et demander au Père Céleste de lui donner une grâce spirituelle et une efficacité suffisantes, pour affranchir le candidat au baptême de toute impiété. De môme il doit bénir Feau en disant : « Regarde du haut du ciel et sanctifie cette eau, afin que celui qui va être baptisé puisse être crucifié avec Christ, puisse mourir, être enseveli et ressusciter avec lui. » Et après le baptême, il l'oindra et dira : « Qu'il te plaise de rendre cette onction efficace pour celui qui vient d'être baptisé, afin que le doux parfum de ton Christ puisse rester et persister sur lui. »
Liv. II, ch. XLHI, XLIV.
d'Afrique, tenaient le baptême administré par des hérétiques pour nul et non avenu. Dans l'Église romaine, au contraire, en vertu de nous ne savons quelle valeur objective du nom de Christ et de la Trinité, invoqué en conférant le baptême, celui-ci était considéré comme valide, quel qu'eût été l'officiant. Mais on ajoutait la cérémonie de la confirmation par l'évêque, pour que le Saint-Esprit donnât toute son efficacité au baptême précédemment reçu
Étienne, évêque de Rome, condamna comme anabaptistes tous ceux qui n'adoptèrent pas son opinion. Il voulut même les excommunier. Denys d'Alexandrie fit preuve, dans cette dispute, de sa modération accoutumée. D'accord, quant au fond, avec Cyprien et les Églises d'Asie Mineure, il voulait faire une exception en faveur des Montanistes et de quelques autres sectes, dont les doctrines étaient plus ou moins en harmonie avec celles de l'Église orthodoxe. En même temps, il cherchait à ne pas rompre le lien de fraternité avec Rome, et engageait instamment Étienne à ne pas troubler l'Église d'Orient dans la jouissance de la paix extérieure, qu'elle devait à l'empereur Valérien, et de la paix intérieure qu'avait amenée la fin du schisme de Novatien \
Cette dispute elle-même ne prouve que trop à quel point l'Église était redevenue esclave des éléments terrestres dont Christ l'avait affranchie. Un cas particulier, rapporté par Denys d'Alexandrie, montrera combien un pareil asservissement pouvait mettre à néant la joie et
1. Ce fut une des causes qui amenèrent la séparation de !a confirmation et du baptême.