‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 270 sur 324 · Ville du nord de la Syrie, sur l'Euphrate · texte numérisé non relu

Ville du nord de la Syrie, sur l'Euphrate

4. Ce ne fut que bien plus tard que les évêques de Rome monopolisèrent à leur profit le titre de Papes ; uaTriraç ou Tidnaç, papa, père, servit d'abord à indiquer le lien qui unissait le maître spirituel et le converti. Plus tard, il fut réservé aux évêques et aux abbés. Lorsque le clergé écrit à Gyprien, il lui donne ce titre. Un pareil nom ainsi employé était également opposé à la lettre et à l'esprit du commandement du Seigneur (Matth. XXllI, 9) : n'appelez personne sur la terre votre père. — Le concile de Nicée montre la position occupée dans l'Église par le siège de Rome. L'évêque de Rome était primus inter pares, premier entre des égaux et rien de plus. Dans les listes de signatures des actes du concile, ses délégués n'occupent pas une autre place. Le nom d'Osius, présidant le concile au-dessous de l'empereur, est le premier. Viennent ensuite les noms des deux prêtres romains représentant l'évêque Sylvestre. On pensait si peu à une suprématie quelconque de l'évêque de Rome, que son nom ne parait pas même avoir été prononcé dans les délibérations^ et rien ne permet de supposer que son opinion ou son autorité ait eu un poids plus considérable que celle de n'importe quel autre évêque. Dict, Christ. Antiq., art. Pope, II, 1658.

ne peut les passer sous silence. Il avait été nommé évèque crAntioclie en 260. D'un esprit porté à la spéculation, il avait tenté de combiner le platonisme avec les doctrines du Nouveau Testament, et mis en avant des idées erronées concernant la nature du Christ. Il paraît avoir également eu des dispositions assez mondaines et s'être montré avide de pouvoir et de faste. Ses opinions hérétiques alarmèrent les chefs des Églises d'Orient et, en 265, un concile se tint à Antioche même, pour le juger. Jamais, jusqu'alors, l'Église chrétienne n'avait vu réunis un aussi grand nombre de ses chefs spirituels. Les évêques des principaux sièges des pays situés entre le Pont et l'Arabie s'y étaient donné rendez-vous. On remarquait parmi eux Firmilien de Gésarée en Gappadoce, Grégoire le Thaumaturge et Théoctiste de Gésarée de Palestine. Paul de Samosate se défendit avec habileté, et Firmilien, auquel son âge et son caractère avaient donné la première place au concile, conseilla à ses collègues de ne prendre à son égard aucune décision formelle. Son avis fut adopté, mais cette indulgence ne produisit pas l'effet qu'on en avait espéré. Paul continua à propager les mêmes hérésies, et il fallut, en 269, convoquer de nouveau un concile à Antioche. Dans ce second concile, le principal accusateur était un prêtre, nommé Malchion, professeur dans une école de philosophie d'Antioche. Ses questions et les réponses de Paul furent sténographiées et publiées. Le concile commença par adresser une lettre à l'évêque de Samosate, dans laquelle ses membres affirmaient la divinité du Ghrist, son éternelle préexistence, la création du monde par lui, sa qualité de Fils et son incarnation miraculeuse. Puis il déposa Paul et l'exclut de la communion de l'Église

catholique tout entière. Il nomma un évêque à sa place et écrivit une lettre circulaire à toutes les Églises, en particulier à celles de l'Occident, pour les informer de la déposition de Paul et de la nomination de son successeur.

La ville d'Antioche était alors au pouvoir de la célèbre Zénobie, reine de Palmyre, pour laquelle Paul paraît avoir été rempli de constants égards. Aussi, tout le temps qu'elle conserva son indépendance vis-à-vis de Rome, c'est-à-dire jusqu'en 272, il resta en possession de l'église dans laquelle il officiait habituellement K

Eusèbe nous a conservé l'épître du concile. En voici le début : « A Denys et à Maxime ^ et à tous nos compagnons dans le ministère, évêques, prêtres et diacres et à toute l'Église chrétienne qui est sous les cieux, Helenus (suivent quinze autres noms) et tous ceux qui sont avec nous, évêques, prêtres et diacres et les Églises de Dieu, salut en notre Seigneur. » Il est ensuite expressément constaté que les accusations portées contre Paul n'ont pas provoqué sa déposition. « Il est inutile, dit la lettre du concile, de s'occuper des actions d'un homme qui a abandonné la foi; de raconter comment, de pauvre et mendiant qu'il était, n'ayant rien hérité de ses parents, ni rien gagné par ses talents ou son commerce, il est arrivé, par ses actes déloyaux et sacrilèges, par ses extorsions sur les fidèles, à une richesse excessive; de parler de son orgueil et de sa prétention d'être revêtu de dignités mondaines, au point d'aimer mieux être appelé un ducénaire ^ qu'un évêque, et de se pavaner

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