‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 272 sur 324 · Ou encore femmes de charge des prêtres · texte numérisé non relu

Ou encore femmes de charge des prêtres

dans le péché en les introduisant chez eux, et que beaucoup d'autres en sont soupçonnés. Dès lors, et même en admettant qu'il n'ait lui-même rien commis de déshonorant, son devoir était d'éviter le soupçon que ne pouvait manquer de provoquer une telle conduite. »

Ce n'est cependant pas sur de telles accusations que le concile motive son excommunication, et les juges tombent dans la grande erreur de considérer l'orthodoxie de la foi comme la chose essentielle et le reste comme l'accessoire. La lettre continue : « On reprocherait, sans doute, toutes ces choses à un homme qui maintiendrait la vraie foi catholique et resterait uni avec nous. Mais est-il bien nécessaire de les mettre en ligne de compte quand il s'agit d'un homme qui détruit le mystère de la foi et qui adopte orgueilleusement l'exécrable hérésie d'Artémas? Nous avons donc dii excommunier cet homme, qui se fait l'ennemi de Dieu et refuse de se soumettre, et nous avons pourvu son église d'un autre évéque »

En nous arrêtant si longtemps sur le cas de Paul de Samosate, nous n'avons pas prétendu montrer par là que l'épiscopat fût dégénéré au iii^ siècle, car c'est plutôt l'inverse qu'on en pourrait conclure. Il est évident, en effet, qu'il y avait alors dans l'empire des centaines d'évêques, restés inconnus, dont l'effort tendait à être de sages chefs de leur diocèse, de vivants exemples pour leur troupeau ^ D'autre part, ce qu'Eusèbe nous

1. Eusèbe, liv. VII, cliap. xxvii, xxx. Lettre écrite par Malchion au ?iom du Synode d'Antioche contre Paul de Samosate. Ante-Nic. Library.

2. C'est ce que nous permettent d'affirmer, par exemple, les canons 13 et 14 du concile de Carthage (398), où il est décidé : qu'un évéque aura son logement près de l'église, que son ménage devra être très simple, sa table et son régime modestes. En outre, que ce sera par sa

dit de rétat des Églises d'Orient quelques années plus tard, et ce que nous savons de celui des Églises d'Afrique au début du schisme de Donat, empêche de supposer que Paul de Samosate ait été le seul spécimen de son genre \ Dès le milieu du iii° siècle, Origène écrivait : « Nous allons si loin en fait de pompe et de luxe, que nous dépassons même les gouverneurs infidèles des païens. Gomme les empereurs, nous nous entourons d'une garde, afin d'être craints et afin que notre abord soit difficile, surtout pour le pauvre. Dans plusieurs de nos soi-disant Églises, principalement dans celles des villes importantes, on peut trouver des chefs de l'Église de Dieu, qui refuseraient de considérer comme leurs égaux même les meilleurs des disciples qui entouraient le Sauveur sur la terre ^ »

Entretien du clergé. — Nous avons vu comment, aux jours de la simph'cité primitive, les ministres de l'Église s'entretenaient eux-mêmes, grâce à leur propre travail. A ce moment-là, les libres offrandes du troupeau étaient destinées aux pauvres, aux malades, aux veuves, aux prisonniers. Peu à peu, on mit à part, pour l'entretien des ministres, une portion des contributions hebdomadaires. Plus tard, dans certaines Églises, on préleva le tiers ou le quart de ces contributions, et dans ce dernier cas (le quart), une part fut donnée à Tévêque, une autre au clergé, la troisième consacrée au culte et à l'entretien du bâtiment lui-même, la dernière, enfin, donnée aux pauvres

foi et sa valeur personnelle, et non par l'éclat extérieur qu'il cherchera à acquérir de l'autorité.

Page 1