‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 276 sur 324 · Dict. Christ. Antiq., ibid · texte numérisé non relu

Dict. Christ. Antiq., ibid

vous vous tenez devant l'autel du Seigneur notre Dieu, vous lui offrez des sacrifices raisonnables et non sanglants, au nom de Jésus-Christ, le Grand Prêtre suprême... Les offrandes et les dîmes appartiennent à Christ et à ceux qui sont ses ministres. La première lettre du nom de Jésus parle déjà de la dîme du salut ^ » Jusqu'alors, cependant, il n'était question que de dons volontaires. Mais peu à peu les fidèles étaient préparés au joug anti-scripturaire qu'on allait leur imposer. Le temps se chargea de le fixer d'une manière définitive, aussi bien par l'effet des lois ecclésiastiques que par celui des lois civiles

1. Const. Aposl., liv. II, chap. xxv, — La lettre I, qui est la première du nom 'I-^aoOç en grec, vaut dix, prise numériquement. Les prémicesdu froment, des bêtes à cornes, des brebis, du vin, de l'huile, du miel, des noix, des raisins étaient pour l'évêque, le prêtre et le diacre. — Les dons en argent, les vêtements et autres biens étaient pour la veuve et l'orphelin. — Les dîmes étaient pour le reste du clergé, comme aussi pour la veuve, Torphehn, le pauvre et l'étranger. Idem, liv. VII, chap. XXIX ; iiv. VIlI, chap. xxx.

2. Dans un article publié en sept. 1883 clans la Contemporanj Review, M. Hatch rejette l'hypothèse qu'il faille chercher l'origine des dîmes dans une analogie avec le sacerdoce lévitique. A ses yeux elles dérivent des baux passés par les tenanciers des terres données à l'Église au vmc siècle, pour sa sécurité et son- entretien, et il faudrait y voir une application de l'ancien usage romain, encore en vigueur alors, qui spécifiait un dixième du produit comme rente. Plus tard, et pour donner une sanction divine à cet usage, on l'aurait rapproché, au ix» et au x« siècles, des prescriptions de la loi mosaïque. Enfin, pendant plusieurs siècles, les dîmes auraient été conjointement employées au soutien des pauvres et à l'entrelien du clergé. — 11 est difficile, toutefois, de combiner cette explication avec nos citations ou avec le Ti" canon du II" concile de Mâcou (585), oi^i pour la première fois (Robertson, I. 555, n. r.) une peine est indiquée contre ceux qui n'acquitteraient pas la dîme. « Les lois divines, y est-il dit, ont ordonné à tons de porter les dîmes dans les temples, afin que les prêtres, débarrassés des soucis matériels, puissent se vouer complètement à leur service spirituel. Ces lois, que tant d'hommes fidèles ont observées si longtemps, semblent être maintenant tombées en discrédit chez presque tous. Nous ordonnons donc et décrétons que tous les fidèles doivent porter les dîmes aux ecclésiastiques en fonctions, afin que les prêtres, après avoir prélevé la part des pauvres et ce qui doit servir à la rançon des captifs, puissent obtenir, par leurs prières, la paix et le salut pour le

-iâS l'église primitive

Les vêtements sacerdotaux. — Aux premiers temps de l'Église, est-il besoin de le dire, les fonctionnaires ecclésiastiques ne se distinguaient aucunement du reste des fidèles par leur costume. On aurait cru manquer à ce grand principe du christianisme, que tous peuv^ent recevoir les mêmes dons spirituels, que tous sont prêtres et frères. On sentait aussi que les hommes, si aisément influencés par ce qui frappe les yeux, voyant journellement leurs prêtres revêtus d'un costume spécial et de signes indiquant une classe à part, ou supposant une supériorité spirituelle, auraient risqué de perdre la liberté de l'esprit et la pleine virilité auxquelles tous sont appelés en Christ. Mais dès que, à l'imitation des Juifs et des païens, l'Église eût créé un ordre de prêtres, il devint naturel de leur donner un costume spécial. Gela ne se fit pas, autant du moins que nous pouvons le savoir d'après les documents connus, avant le règne de Constantin et, jusque dans le iv"" siècle, l'Église ne connut pas, même pour la célébration des services, de vêlements sacerdotaux. Les officiants portaient les mêmes habits que le reste des fidèles.

On nous pardonnera peut-être, bien que nous devions im peu dépasser l'époque que nous avons choisie comme limite, d'indiquer en quelques mots les développements ultérieurs du costume sacerdotal.

Constantin donne, paraît-il, un riche vêtement brodé d'or à Macarius, évêque de Jérusalem, pour célébrer les baptêmes, et Athanase est accusé d'avoir mis une taxe sur les Égyptiens pour créer un fonds destiné aux vêtements de lin de l'Église. Telles, sont les premières indi-

peuple. Quiconque ne se soumettrait pas à ce salutaire décret serait à jamais séparé de l'Eglise, w

l'église PRLMITIVE 429

cations connues. Mais, à partir de ce monient-là, les allusions se rencontrent plus fréquentes chez les écrivains ecclésiastiques. Le concile de Laodicée, en 375, décide que le costume ecclésiastique devra être porté par les sous-diacres, les chantres et les lecteurs, et le quatrième concile de Garthage, en 398, parle de Valba ou surplis blanc, que le diacre doit revêtir lorsque loblation est faite, ou pendant la lecture des leçons \ En dehors de l'Église, cependant, et pour longtemps encore, le clergé ne se distingue pas des laïques. Les moines, il est vrai, affectent de porter un costume particulier; on les reconnaît à leur manteau et à leur ceinture; mais, jusqu'au v° siècle, on ne nous parle point d'un costume ecclésiastique officiel, même pour les évèques.

C'est pans raison suffisante qu'on veut rattacher le costume sacerdotal du clergé chrétien à celui des Lévites. Il semble avoir une autre origine, et, à vrai dire, une origine purement accidentelle. Aussi longtemps que les anciennes coutumes romaines se maintinrent, le vêtement d'un prêtre resta celui de tout citoyen romain. En 428 , le pape Gélestin adresse même de sévères reproches à d'anciens moines gaulois, devenus évêques, parce qu'ils n'ont pas changé en habits civils leur costume monacal, et se font remarquer par cela même. Mais lorsque la mode s'introduisit de porter des tuniques courtes, des culottes et le manteau des conquérants teutons, le clergé crut devoir ne pas l'adopter et conserver la longue tunique et l'ancienne toge ou pallium. Gette différence, née en quelque sorte d'un hasard, fut

Page 1