Eusèbe, H. E., liv. IV, ch. xxvi. Néander, I
redouMement d'instance, nous vous prions de ne pas nous laisser en butte à de tels brigandages. »
Le nom de Marc-Aurèle est associé à tout ce qui est pieux et élevé dans le paganisme classique. On pourrait certainement proposer à l'imitation de beaucoup de chrétiens l'habitude qu'il avait de s'examiner lui-même. Malheureusement il ne connut pas ou ne voulut pas connaître l'Évangile, qu'il méprisait, et son nom doit figurer parmi ceux des persécuteurs. Les Pensées ne nous laissent pas ignorer l'opinion qu'il avait des chrétiens. « L'âme, dit-il quelque part \ devrait être prête, quand le moment de la mort est arrivé, soit à être éteinte, ou chssoute, ou liée pour quelque temps au corps. Elle devrait l'être de son propre choix, de sa propre volonté, mais sans cette espèce d'entêtement que montrent les chrétiens. »
L'Église traversait alors de bien tristes jours. Toutes les puissances du monde étaient liguées contre elle. La défaveur impériale était puissamment secondée par les philosophes. Un Lucien, un Gelse attaquaient violemment le christianisme et se faisaient l'écho des plus méchantes calomnies contre ses adeptes. Les prêtres païens comprenaient chaque jour davantage que les doctrines nouvelles étaient les irréconciliables ennemies de l'ancien paganisme. Ils commençaient aussi à voir que l'écrasement complet du christianisme pouvait seul maintenir leur crédit, leurs gains et le prestige de leurs idoles sans vie. La populace ignorante détestait les chrétiens, dont le genre de vie était un perpétuel reproche au sien, et saisissait volontiers tous les pré-