Evêque d'Amasia, dans le Pont, vers la fin du iv« siècle
2. Néander, III, 408. CeUe mode est probablement postérieure à l'époque de Constantin.
S'ils voulaient bien contempler un instant cette lumière céleste que nous nommons le soleil, ils comprendraient de suite que Dieu n'a que faire de leurs lampes. Car si dans un disque aussi restreint, — ne paraît-il pas, à cause de la distance, de la dimension d'une tête d'homme? — il y a un tel foyer de lumière, que les yeux qui le regardent sont obscurcis, quel éclat ne devons-nous pas supposer à Dieu? Est-il dans son bon sens, celui qui offre la lumière des chandelles et des cierges au créateur et au dispensateur de la lumière? La lumière que Dieu demande n'est pas celle-là. Il en veut une claire, brillante, non fumeuse, spirituelle, que peut répandre celui-là seul qui le connaît. Les dieux terrestres des païens ont besoin de lumière, pour ne pas être dans les ténèbres; et leurs adorateurs, qui ne savent rien du ciel, sont rappelés à la terre par les cérémonies mêmes qu'ils accomplissent \ »
C'est dans les canons du concile d'Elvire que nous trouvons la première allusion à cet usage. Il interdit <.( d'allumer en plein jour des chandelles de cire dans les cimetières, car les esprits des saints ne doivent pas être troublés ' ». Vers la fin du iv^ siècle, les cérémonies du culte comportaient déjà des cierges. Paulin de Nola, en 396, s'extasie sur la splendeur de ces illuminations en plein midi. « Les autels resplendissent sous leur épaisse couronne de lampes, dit-il, et les cierges aux mèches de papyrus répandent une odeur parfumée. Jour
1. Lactance, Instit. div., liv. VI, chap. i, IL — Cf. Tertullien, Contre ridoldtrie, chap. xv, et Apolog., ehap. xlvi.
2. Canon 34. On suppose qu'il faut entendre ici non pas les saints, non pas les martyrs, mais les fidèles qui se réunissaient pour prier sur leurs tombeaux. Dict. Christ Antiq.^ arL Lights (Cérémonial use of), p. 994.
et nuit, ils brûlent et rendent la nuit aussi éclatante que le jour, tandis que le jour lui-même, déjà si glorieux par la volonté de Dieu, voit son éclat augmenter et d'innombrables lampes doubler son lustre \ »
Les catacombes. — Il nous sera permis de retracer ici l'histoire de ces cimetières, même dans ce qu'elle a de postérieur à l'époque où s'arrête notre travail. Fort peu de temps après l'adoption du christianisme comme religion d'État, les catacombes commencèrent à n'être plus guère employées et, depuis l'an 410, c'est-à-dire depuis la prise de Rome par Alaric, roi des Goths, on n'y fit que fort peu d'inhumations \
Vers l'an 354, Jérôme, alors âgé de quatorze ans environ, vint à Rome pour son éducation. Il nous a laissé une description de quelques-unes des catacombes, et il semble ressortir de ce qu'il dit, que déjà de son temps on ne s'en servait plus. « Quand j'étais enfant, dit-il, j'avais l'habitude, le dimanche, d'aller avec d'autres garçons de mon âge — visiter les tombes des apôtres et des martyrs, et de pénétrer dans les cryptes creusées dans les entrailles de la terre. Les parois étaient remplies des restes des morts, et il régnait dans ces lieux une obscurité si profonde, que nous pouvions, en quelque sorte, voir l'accomplissement des paroles du prophète : « qu'ils descendent vivants dans le séjour des morts » (Nomb., xvi, 30). Çà et là un filet de lumière, pénétrant par le haut, venait reposer un instant, de ces affreuses ténèbres. Mais à mesure que vous avanciez et que vous entriez dans une nuit absolument noire, le