Passion de Perpétue et de Félicité, chap. n
ne pouvait, au moment de la mort, être assez affranchie du péché pour entrer au ciel. Dès lors, toute âme dépouillée du corps , fût-elle celle du meilleur des hommes, devait être purifiée par le feu, et cela non pas immédiatement après la mort, mais lors de la résurrection finale ^
Ainsi naquit la doctrine du purgatoire, et cette invention funeste, entretenue par FÉglise romaine, a puissamment contribué à maintenir les âmes dans l'esclavage spirituel. On peut dire avec certitude qu'elle ne peut trouver aucun fondement dans l'Ecriture, et que les pères de l'âge post-apostolique n'y ont fait aucune allusion ^ Il est probable qu'à cette époque la croyance générale, touchant le pardon et la purification des morts, revêtait une forme bien plus atténuée que celle de la vision de Perpétue et, surtout, fort éloignée de l'idée plus récente du purgatoire. Le passage suivant des Constitutions Apostoliques nous semble confirmer cette opinion : « Nous devons, y est-il dit, prier pour tout frère qui repose en Christ, afin que Dieu, qui aime les hommes et qui a reçu son âme, lui pardonne tous les péchés volontaires ou involontaires qu'il a commis ^. »
On trouve dans la description des funérailles chrétiennes que nous a laissée Denys l'Aréopagite, une allusion à la cérémonie des prières pour les âmes des morts. « On amène à l'évêque, dit-il, la dépouille mortelle du défunt, et tous chantent des hymnes de reconnaissance à Dieu, dont la grâce a rendu leur frère