Liv. XI
textes possibles pour les tourmenter. Enfin les fréquentes calamités qui continuaient à assaillir l'empire provoquaient des explosions de colère furieuse contre ceux qu'on supposait en être la cause \
On accusait en général les chrétiens d'être athées, de dévorer des enfants, d'être adonnés à l'inceste et à une licence effrénée. Ces accusations, si monstrueuses et absolument fausses qu'elles soient, s'expliquent sans trop de difficulté. Celle d'athéisme provenait sans doute de la simplicité du culte chrétien, sans sacrifices, sans autels, sans temples. L'accusation de dévorer la chair des enfants tirait probablement son origine de la communion du pain et du vin, à laquelle les seuls croyants étaient admis et dont on parlait comme de la communion au corps et au sang du Seigneur. Enfin, l'accusation d'immoralité, de l'admission des deux sexes sur un pied d'égalité dans des réunions à huis clos, et du baiser fraternel par lequel elles commençaient.
Au reste, quelle qu'ait été l'origine de ces calomnies, il est constant qu'elles étaient extrêmement répandues. Il fallut plusieurs générations pour les faire disparaître entièrement.
1. Gieseler, K. G.l, 144; I, 131, delà trad. angl.; Milman, II, 131, 134. — L'année 166 fut si remplie de calamités nationales qu'on l'appela Vannus calamitosus.