On donnait à ces églises le nom de Martyria
3. Beaucoup de monuments de l'ancienne poésie chrétienne ont été composés pour des occasions de ce genre.
les sentiments païens s'y introduisissent du même coup. Aussi les anniversaires des martyrs prirent-ils un caractère de gaieté, d'animation et de somptuosité tout à fait étranger au christianisme. Vers le soir, le vin coulait librement, et il n'était pas rare de voir la santé des martyrs si fréquemment portée, qu'il en résultait une ivresse complète K Imperceptiblement, tous les accessoires voluptueux des banquets romains se firent une place. Il y eut des danses, des pantomimes; les fêtes se prolongèrent jusqu'à minuit; enfin, toutes sortes d'excès criminels vinrent profaner, sinon les églises elles-mêmes, du moins leurs environs immédiats ^
Les évêques, dont les lumières auraient dû être plus grandes, ne permettaient que trop facilement aux païens convertis d'en revenir à leurs anciens errements. Grégoire de Nysse, dans sa vie de Grégoire le Thaumaturge, nous raconte que « dès que Grégoire vit que le peuple ignorant et grossier restait attaché à l'idolâtrie, à cause des plaisirs et des amusements que lui procuraient les fêtes païennes qui flattaient ses sens, il lui permit de jouir des mêmes récréations en célébrant la mémoire des martyrs, dans l'espérance que, dans la suite, il prendrait du goût pour une vie plus régulière et plus vertueuse ^ » Augustin confirme à son tour ce que dit Grégoire de Nysse. Quand la paix, succéda aux persécutions et aux troubles, « les Gentils, dit-il, qui voulaient se rattacher au christianisme en étaient détournés par la crainte de devoir renoncer aux