‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 295 sur 324 · Gi-dessus p · texte numérisé non relu

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sur elle. La première ni la seconde ne produisirent aucun effet, mais à la troisième la malade se leva, parfaitement guérie. L'authenticité de la vraie croix ainsi établie, on en détacha un morceau, qui fut enchâssé dans une monture d'argent et donné à Macaire pour l'église de Jérusalem. Le reste, clous compris, fut envoyé à Constantin. Celui-ci le fit enfermer dans sa propre statue, placée sur une colonne de porphyre sur le forum de Constantinople ; il fit mettre, en outre, quelques-uns des clous à son casque, tandis que les autres servirent à faire un armet et un mors pour son cheval de bataille. Et les âges futurs virent dans ce fait un accomplissement de la prophétie de Zacharie * : « En ce jour-là il sera écrit sur les clochettes des chevaux : Sainteté à l'Éternel! » Tel était le degré d'abaissement où était tombée la religion du Christ ; tel, l'oubli des paroles de l'ange aux femmes près du sépulcre : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant! ^ » Il ne faudrait cependant pas croire qu'une vieille

1. Chap. XIV, 20. — Socrate, H. E., liv, I, chap. xvii; Sozomène, liv. II, chap. i; Théodoret, liv. I, chap. xviii. — Dict. Chnst. Antiq., art. Cross (Finding ofj; Dict. Christ. Biog., dirt. Helena.

2. Les détails de cette légende, différemment racontée, proviennent de documents postérieurs de cinquante à cent ans à l'événement. L'un des auteurs qui les donnent, Socrate le Scholastique, ajoute avec une louable franchise : « Tout cela, je le sais et l'ai répété pour l'avoir entendu raconter. » Le silence des contemporains est fort digue de remarque. Dans Vltinéraire d'un pèlerin anonyme de Bordeaux à Jérusalem, qu'on fait remonter à l'an 333, on trouve une description de cette dernière ville et la mention de beaucoup de lieux, où la tradition faisait accomplir bien des faits relatés dans l'un et l'autre Testaments, Parmi ces lieux, Golgotha et le Saint-Sépulcre sont cités. Mais si l'auteur parle de la magnifique église récemment construite par Constantin, il ne dit rien ni de la croix, ni d^Hélènë. Eusèbe, de son côté, dans sa Vie de Consta?itin (c. 338), parle de la visite de l'impératrice à Jérusalem, mais il ne mêle son nom en rien à la place oîi la crucifixion avait eu lieu, ou au Saint-Sépulcre. Il se borne à parler de l'endroit comme « du lieu qui avait été découvert ». Constantin, lui-même, dans sa lettre à Macaire, tout en ayant l'air de considérer comme miracu-

dame, un empereur superstitieux et un évêque ignorant aient été les seuls à admettre cette incroyable invention. L'Église entière semble avoir été disposée à faire comme eux. Cyrille de Jérusalem, vingt ans à peine après l'événement, nous informe qu'à ce momentlà le bois de la vraie croix avait été distribué dans le monde presque tout entier Le fait est que depuis longtemps les esprits des fidèles avaient été préparés à un retour quelconque à l'idolâtrie. Gomme les arbres des grandes vallées de l'extrême Ouest, desséchés au terme de la saison brûlante, n'ont besoin que d'une étincelle pour s'enflammer, il n'en fallait qu'une aussi à l'Église, pour se laisser envahir par l'idolâtrie et la superstition. L'invention de la prétendue vraie croix fut cette étincelle. Elle le fut même si bien, qu'en 386 l'intervention de la loi devenait nécessaire pour réprimer le trafic des reliques. « Que personne, disait la loi, ne déplace un corps mort; que personne ne s'empare du corps d'un martyr et ne le vende. » Et Augustin nous informe que les moines surtout s'entendaient à vendre en détail les membres des martyrs, si tant est que martyrs il y eût ^

Les jeûnes et les fêtes se multiplient pendant les ïif et iv^ siècles. Tout d'abord, en souvenir de la tentation de Notre Seigneur au désert durant quarante jours, on imagina plusieurs jeunes de quarante heures et, de là, on en vint aux quarante jours du

leuse la découverte du lieu, ne dit rien sur les circonstances de cette découverte et rien sur la croix. Enfin Cyrille, qui a prononcé, sur le lieu même, ses discours catéchétiques, ne dit rien de l'impératrice. Eusèbe, Vie de Constantin, liv. III, xxix-xxxix; Dicl. Christ. Antiq. ; Dict. Christ. Biog., ubi supra.

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