Maitland, Church in the Catacombs, p
il était inouï qu'un prêtre, surtout du haut clergé, se mariât après son ordination. Les Canons et les Constitutions Apostoliques décident que seuls les membres des ordres inférieurs, sous-diacres, lecteurs, chantres, portiers, pourront se marier après leur nomination K Le concile d'Eivire se montre sévère pour les prêtres mariés, et celui de Nicée aurait décrété robhgation du célibat dans l'Église entière, sans les protestations de Paphnutius, le confesseur mutilé et borgne de la Haute- Thébaïde, lui-même célibataire \ Se levant au milieu de l'assemblée, il rappela aux évêques, ses collègues, que le mariage est un état « honorable entre tous », les conjura instamment de ne pas imposer un joug si lourd aux ministres de la religion, et de ne pas faire un tort sérieux à TÉglise par d'intolérables entraves ^
L'opposition de Paphnutius enraya le mouvement pour un instant, mais elle ne l'arrêta pas. Dépassons un peu les limites de temps que nous avons assignées à ce volume, et voyons comment la nouvelle doctrine grandit et atteignit, enfin, son plein développement. Siricius, évêque de Rome en 385, défend absolument le mariage des prêtres et des diacres. Innocent 1", en 405, ajoute comme sanction la peine de la dégradation ^ Au neuvième concile de Tolède, en 659, les enfants nés de
1. Canon 27. Constitutions, liv. VI, chap. xvii. Le coucile d'Ancyre (314) décide que si les diacres, au moment de leur ordination, déclarent qu'ils veulent se marier, ils ne doivent pas, pour cela, être privés de l'ordination. Au contraire, ils doivent l'être s'ils se marient après leur ordination, et sans en avoir parlé d'avance. Canon 10. — La même année, le concile de Néo-Gésarée décidait qu'un prêtre qui se marierait après son ordination, serait dégradé. Canon 1.