‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 304 sur 324 · Dict. Christ. Antiq., art. Celibacy, p · texte numérisé non relu

Dict. Christ. Antiq., art. Celibacy, p

2. La règle était d'une observation difficile. Les infracLions étaient tolérées, et elles devinrent très nombreuses au ix" siècle, surtout en Allemagne et en Lombardie. Les papes essayèrent l'un après l'autre de faire exécuter cette loi. Mais il fallut la main de fer de Grégoire VII pour amener tout le monde à s'incliner devant elle (1074). On vit môme de nombreux ecclésiastiques résigner leurs bénéfices plutôt que d'abandonner leurs femmes. Waddington, History of the Church, chap. XVI, § 2. « Durant toute la période qui s'étend de Siricius à la Réforme, dit Milman, la loi fut défiée, enfreinte, éludée. Jamais elle n'obtint rien qui ressemblât à une obéissance générale; seulement elle fut violée tantôt plus ouvertement, tantôt moins. « Latin Christianity, I, 78.

Parmi toutes les infractions, déplorables pour l'Église, aux règles évangéliques, aucune n'a eu de plus déplorables résultats que le célibat forcé des prêtres. Le mal était déjà grand de revenir à la loi et de rétablir un ordre ecclésiastique, alors que Jésus-Christ l'avait aboli pour toujours. Mais que dire de cette interdiction du mariage, alors que sous l'Ancienne Alliance il avait toujours été permis aux fils d'Aaron? N'est-il pas presque incroyable que, lorsqu'on pouvait encore entendre l'écho de la voix des apôtres, lorsque leurs écrits étaient dans toutes les mains, des docteurs et des conciles de l'Église aient eu la hardiesse d'accomplir, dans leur conduite et dans leurs ordonnances, cette prédiction si énergique du Saint-Esprit : « Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi... par l'hypocrisie de faux docteurs... prescrivant de ne pas se marier » Certes, ce fut un coup de maître de l'Ennemi, de s'établir ainsi fortement au sein même de l'Église, en s'appuyant sur les aspirations mal comprises de l'homme à la sainteté!

La sauvegarde que Dieu avait ménagée pour l'humanité tout entière, on l'enleva à toute une classe d'hommes ; ils devaient diriger le troupeau, et on leur ôtait la possibilité de comprendre les devoirs, les intérêts et les sympathies domestiques, qui les en auraient rendus le plus capables. Les conséquences de cette grave erreur ont été nombreuses et terribles, et la moindre n'a pas été

1. I Tim., IV, 1-3. « Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l'hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, prescrivant de ne pas se marier, et de s'abstenir d'aliments que Dieu a créés, pour qu'ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité. »

de voir la vie ecclésiastique descendre trop souvent audessous de celle de tous, alors qu'on pensait l'élever à un niveau supérieur de pureté et de piété. Hélas! du temps de Constantin déjà, ce mal était profondément implanté dans l'Église!

Jeûnes. — Le Saint-Esprit, qui avait révélé à Paul que quelques-uns s'écarteraient assez de la foi pour empêcher les hommes de se marier, lui avait aussi fait connaître qu'ils leur prescriraient « de s'abstenir d'aliments que Dieu a créés pour qu'ils soient pris avec actions de grâce ^ ». Le jeûne, en effet, de facultatif qu'il était au début, alors qu'on le considérait comme pouvant contribuer à faciliter la dévotion, était devenu obligatoire et réglementé. Le mercredi et le vendredi furent choisis comme jours de jeûne. Le premier, parce que Jésus avait été trahi ce jour-là, le second, parce que c'était celui de la crucifixion. Plus tard on y ajouta certaines époques fixes d'humiliation. Le jeûne consistait en l'abstinence de tout aliment jusqu'à trois heures de l'après-midi ^ Après cette heure, au moins dans les premiers temps, on pouvait, à toute époque, prendre les aliments qu'on voulait. L'historien Socrate constate même, dans la première partie du v' siècle, une grande diversité d'usages à cet égard. Dans certaines contrées, les chrétiens ne mangeaient aucune espèce de chair animale; ailleurs, ils pouvaient se permettre le poisson; ailleurs, la volaille et le poisson. Les uns ne mangeaient ni œufs, ni fruits ; d'autres se contentaient de

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