‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 307 sur 324 · Koivoêiov, vie en commun · texte numérisé non relu

Koivoêiov, vie en commun

3. En grec, àp;)(t[j^avôpîxYi;, c'est-à-dire chef du troupeau ou du bercail.

vant le degré de leurs progrès spirituels, et chaque classe était désignée par une des lettres de l'alphabet. Ils étaient astreints au travail, et faisaient, avec les joncs du Nil, des paniers, des nattes et des cordes; ils s'occupaient aussi d'agriculture et de construction de bateaux. A la fin du iv° siècle, chaque cloître possédait son bateau destiné à descendre le Nil et à porter sur les marchés d'Alexandrie ce que les moines avaient fabriqué. Le produit de la vente était employé à l'entretien de tous; s'il restait ensuite des fonds disponibles, on les distribuait aux pauvres. Les moines avaient si complètement établi la communauté des biens, que c'était un grave manquement à la discipline que de dire : mon manteau, mon livre, ma plume. Jérôme nous raconte l'histoire d'un moine de Nitrie « plutôt économe qu'avare », qui laissa à sa mort cent soUdi (environ 1000 francs), gagnés par lui en tissant du lin^ Que faire de cette somme d'argent? Les frères tinrent conseil. Les uns voulaient la distribuer aux pauvres; d'autres, la donner ^> J'^giise; d'autres, aux parents dn ri/^--»'- Mais les pères du couvent citèrent le lexte : « que ton argent périsse avec toi ! » et ordonnèrent que l'argent serait enseveli avec celui qui l'avait économisé. Non qu'ils voulussent montrer à son égard une trop grande sévérité, mais afin qu'aucun autre moine ne se laissât aller à thésauriser ainsi.

Les moines priaient plusieurs fois par jour, jeûnaient les quatrième et sixième jours de la semaine, et com-

1. Le couvent dont il est ici question était sur la montagne de Natron, au milieu d'une région déserte, à l'ouest de l'ancienne Memphis et du Caire. Il avait été fondé par Macarius l'ancieu, à peu près à l'époque où Pachôme fondait celui de Tabennae.

l'église primitive 485 muniaient tous les samedis et tous les dimanches. Ils mangeaient ensemble, chantaient des hymnes avant de commencer leurs repas, les prenaient en silence et abaissaient leurs capuchons pour ne point se voir. La partie la plus importante de leur costume était une peau de chèvre, à Timitation du prophète Élie K Ils dormaient tout habillés ^ et sur des sièges disposés, diton, de telle sorte, qu'ils étaient presque debout. Deux fois par an, à Pâques et au mois d'août, ils se réunissaient tous à la maison mère. En août, ils célébraient la fête de leur réconciliation avec Dieu et de leur réconciliation entre eux ^.

Pachôme avait une sœur. Entendant parler avec éloge de l'œuvre de son frère, elle désira le voir. Pachôme ne voulut pas la recevoir. Il lui envoya le portier, chargé de la prier de se contenter de savoir qu'il se portait bien, et de lui dire que, si elle le désirait, il lui bâtirait un couvent. Elle accepta. Les moines de Tabennae bâtirent en effet une maison, où se forma très vite une importante communauté de femmes, dont la sœur de Pachôme fut Tabbesse. Pachôme fit pour elles un règlement sur le modèle de celui de ses moines. Elles étaient sous son autorité, mais il ne les visitait jamais. Cet exemple fut rapidement suivi, et les recluses prirent le nom de nonnes K

1. Ils portaient une tunique à manches courtes, munie d'un capuchon, une ceinture et une sorte de manteau qui couvrait le dos, les épaules et les bras. Stephens, Vie de Chrysostome, p. 63.

2. Pachôme, à l'inverse de quelques-uns de ses successeurs, exigeait que ses moines lavassent leur linge avec un très grand soin.

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