Dict. Christ. Biog., art. Gregory of Armenia
avec tous les marchands chrétiens qui fréquentaient ces parages, les aida à fonder une église, et se joignit à leur culte.
A la fin, les deux Grecs obtinrent la permission de rentrer dans leur pays. ^îldesius se retira à Tyr, où il devint prêtre. L'historien Rufin l'y rencontra, et c'est lui qui nous raconte ces détails, d'après ^desius lui-même.
Frumentius, pour sa part, se sentit appelé à une œuvre plus haute. Il désirait ardemment voir le peuple au milieu duquel il avait passé une grande partie de sa jeunesse, et dont il avait reçu tant de marques de bienveillance, afin de le faire participer, lui aussi, à la plus grande bénédiction dont l'humanité puisse jouir. Il s'arrêta par conséquent à Alexandrie, où Athanase venait d'être élu évêque. Athanase entra immédiatement dans ses vues et convoqua, pour les lui soumettre, tout le clergé d'Alexandrie. Puis, comprenant bien que personne ne pouvait, mieux que Frumentius, entreprendre l'œuvre projetée, il le consacra évêque de la nouvelle Église. Frumentius revint donc en Éthiopie et commença à propager, non sans grand succès, la foi chrétienne K Le christianisme n'a jamais entièrement disparu, depuis, de ce pays éloigné. Mais il y est devenu bien peu chrétien ^
1. Socrate, liv. I, chap. xix; Sozomène, liv. II, chap. xxiv.
2. Les traditions de FÉglise d'Abyssinie sont fort curieuses. La bible éthiopique, qui remonte peut-être à Frumentius, comprend le livre apocryphe d'Enoch. On y observe le sabbat juif, comme le dimanche; la chair du pore et celle d'autres animaux impurs sont interdites; on y conserve un modèle de l'Arche de l'alhance, à laquelle on offre des présents et des prières, et qui est le centre du culte public. On attribue une influence magique aux cérémonies extérieures et à l'immersion en particulier. Chaque année, on célèbre une fête à l'occasion de laquelle tout le monde est rebaptisé. Même, chose étrange ! Ponce Pilate est honoré comme un saint, parce qu'il a lavé ses mains du sang innocent. Les interminables discussions relatives aux deux natures du
Nous avons déjà parlé de Fintroduction du christianisme dans la Grande-Bretagne ^ L'histoire de l'Église primitive de ce pays est restée entourée d'une profonde obscurité. La plupart des légendes qui en parlent ne peuvent supporter l'épreuve de la critique historique. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est qu'il y avait des églises dans la Grande-Bretagne durant le règne de Constance, père de Constantin, et de Constantin, son fils ; qu'au concile d'Arles (314), il y avait trois évêques anglais : Eborius, d'York, Restitutus, de Londres, et Adelfius, généralement regardé comme évêque de Lincoln ^ L'histoire de saint Alban, nommé le proto-martyr d'Angleterre, et qui aurait été martyrisé du temps de Dioctétien, repose sur des témoignages peu sûrs et dont aucun n'est antérieur à l'an 429. Germanus aurait alors visité ses reliques, probablement à Vérulamium. La légende de
Christ, qui divisèrent la chrétienté au siècle et qui^ s'y sont éteintes depuis longtemps, n'ont pas encore cessé dans cette Église. Les Abyssins honorent les saints et les peintures; ils n'ont pas d'images taillées; ils s'inclinent devant les croix, mais ne veulent pas de crucifix. Chacun de leurs prêtres porte toujours une croix à la main et la présente à tous ceux qu'il rencontre afin qu'ils la baisent. — Si peu fidèles au vrai christianisme que soient les Abyssins, leur pays n'en est pas moins bien supérieur aux autres contrées de l'Afrique, quant à l'agriculture, aux arts, à la législation et à la condition sociale de ses citoyens. Schaff, Nicene Christianiti/, 178.