Ci-dessus, p
2. Robertson, I, 134, 155. L'absence totale de sépultures chrétiennes en Angleterre ne permet pas de supposer une bien grande extension du christianisme dans ce pays. « Grâce à la multitude des monuments se rapportant au culte des anciens habitants de la Grande-Bretagne au temps des Romains; grâce au nombre immense des sépultures romaines qui ont été découvertes et examinées, nous avons des renseignements sur les difîérentes formes du paganisme dans ce pays. Mais nous ne trouvons aucune trace quelconque du Christianisme. Il faut donc croire que, lorsque les Romains quittèrent l'Angleterre, tous ces temples et tous ces autels étaient debout, et que le paganisme était en pleine force. » Edinburgh Review, n» CXCI, art. The Romans in Britain, cité dans Cooper, Free Church, 219, 220. Cf. Green, Making of England, p. 6, mais aussi Robertson, Hist. of the Church, I, 492, n. f.
son martyre est bien postérieure encore K C'est l'historien Bède le Vénérable qui la raconte le premier. Répétons-la, à notre tour, en laissant de côté les récits merveilleux inévitables alors, en pareille matière.
Alban, encore païen, rencontre un prêtre qui cherche à se dérober aux persécuteurs. Ses sentiments charitables l'emportent sur ses préjugés religieux, et il offre au prêtre un refuge dans sa propre maison. Là, il est vivement impressionné en voyant comment ce prêtre prie Dieu, et comment, jusque bien avant dans la nuit, il consacre de longues heures à ses dévotions. Soudain la grâce divine agit en lui, et son cœur est rempli d'un désir ardent de devenir disciple de Christ. Le prêtre l'instruit avec joie et Alban fait de rapides progrès dans la connaissance de la vérité.
Peu après, le prince du pays est averti que le prêtre est caché dans la maison d'Alban. Il envoie de suite une bande de soldats pour se saisir de lui. Dès qu'Alban l'apprend il n'hésite pas à se sacrifier lui-même, plutôt que de livrer l'homme qui a cherché un refuge sous son toit. Il revêt les habits du prêtre, vient à la rencontre des soldats et se livre à eux, comme étant celui qu'ils cherchent. Le juge devant lequel on l'amène était justement près de l'autel, offrant des sacrifices aux faux dieux. Il s'aperçoit bien vite de la supercherie, et donnant l'ordre de faire approcher Alban de l'autel, il lui dit : « Puisque tu as volontairement caché un homme sacrilège et rebelle, tous les tourments qui lui étaient destinés te seront infligés, si tu ne consens pas à rendre de suite à nos dieux le culte que nous leur rendons. »